jeudi 26 décembre 2013

Kinderzimmer de Valentine Goby

Je ne pouvais pas ne pas lire cet ouvrage dont j'ai entendu tant d'échos positifs, surtout étant donné la thématique liée à la seconde guerre mondiale.
 

C'est donc avec enthousiasme que je me suis lancée dans la lecture de ce livre que je pensais dévorer en quelques heures.
Et bien non, Valentine Goby a réussi à déjouer mes plans...
" En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout."
Je m'attendais à une lecture douloureuse et cela a été le cas mais pas tant par le choix du sujet ( enfin si mais cet aspect là est venu plus tardivement) mais par le choix stylistique de l'auteur. La première moitié du livre est une sorte de réminiscence des souvenirs de la narratrice sur base qu'une question qu'une élève lui pose : "Alors quand vous avez compris que vous alliez à Ravensbrück?". La narratrice se plonge alors dans son passé pour se rappeler du moment exact où elle a su et compris. elle entraîne alors le lecteur dans la confusion des premiers jours, dans la confusion de la faim et du doute.
Et cette confusion est partout présente dans la langue employée. Cette confusion colle aux démarches du lecteur pour suivre Mila dans ses questionnements, ses angoisses et ses inquiétudes.
Et cela ralentit considérablement la fluidité de ce mouvement pour suivre Mila. C'est difficile. C'est laborieux.
Mais il n'y a rien à faire, on est comme emprisonné dans ce camp avec ces femmes qui souffrent. Pas moyen de se dire "Tant pis, je laisse tomber" parce que laisser tomber, là-bas, c'est la mort, la fin de tout. Alors on poursuit. On s'accroche.
On attend, on guette une libération, une fin. quelque chose qui donnerait du sens à toute cette souffrance.
Et puis la délivrance de Mila arrive. Elle accouche. Et l'indicible prend alors une autre ampleur. Mila semble ajustée à ce qu'elle vit, les pièces du puzzle se rassemblent, l'écriture devient plus rapide, plus vive, le style plus incisif. Nous sommes entraînés dans quelque chose qui nous dépasse. Il n' y a plus de mot pour ressentir. Et pourtant Valentine Goby poursuit son récit, impitoyable.
Nous sommes condamnés à suivre Mila, accrochés dans ses pas. Jusqu'à la fin du livre, que nous n'avons finalement pas pu lâcher.
Je ressors de ce livre assommée. Etourdie. Ecœurée...
J'ai détesté cette histoire et pourtant je la conseille à tout le monde.
Lisez et vous saurez.
 
 
 

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