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lundi 23 novembre 2015

Prix Farniente 2016 : Part 1


J'ai longuement hésité avant de me plonger dans la sélection de 2016... Les titres ne me parlaient pas trop, les résumés non plus. Avais-je la tête à cela? Et puis, ce sont souvent des histoires sombres, qui dépriment. Certes " quelques minutes après minuit" avait été un énorme coup de cœur, mais...?
Et puis, en collaboration avec le centre culturel d'Andenne, l'occasion nous a été donnée de rencontrer une représentante du prix. Je n'ai plus hésité, je l'ai invitée à venir dans mon école et à rencontrer (entre autres) mes élèves de 6TQ.


C'est le genre de choses que je devrais faire plus souvent : faire venir des personnes extérieures pour parler livres avec mes jeunes. Je trouve ça intéressant. Je me suis dit qu'il faudrait inviter un auteur, un traducteur de roman, un éditeur... Bref, des gens qui aiment les livres et en ont fait leur métier.



La présentation n'était pas exceptionnelle mais m'a néanmoins donné envie de mettre le doigt dans l'engrenage. D'autant que j'ai vu certains de mes p'tits loups se redresser et faire des commentaires : "tiens, v'là au moins un résumé qui a l'air intéressant", " oh celui-là il a l'air bien"... Donc, avant de les libérer, j'ai promis, l'air de rien, que ceux qui voulaient choisir un des livres du prix dans la liste des lectures de l'année pouvaient le faire.


Forcément, je suis rentrée et j'ai googlé mon meilleur ami Amazon.
J'ai commandé 5 titres:
La dose de Melvin Burgess, Tous les héros s'appellent Phénix de Nastasia Rugani, un hiver en enfer de Jo Witek, Humains de Matt Haig et Autopsie d'un papillon de Jean-Noël Sciarini.


J'avais lu Eléanor et Park précédemment et l'avais déjà ajouté à mes propositions lectures. J'avais trouvé l'histoire gentille. Surtout le début. La fin m'avait un peu déçue. Je n'ai pas dû le présenter avec assez de conviction, aucun de mes élèves ne l'a choisi.

Amazon est un ami rapide et efficace. Je me suis donc plongée quelques ours plus tard dans le livre de Melvin Burgess. Le résumé m'avait paru original : 
" Vivre vite, mourir jeune », telle est la devise des adeptes du Raid, une nouvelle drogue sur le marché. Une drogue qui permet de vivre une semaine à fond, où tout devient possible, mais, au bout de cette semaine, la mort vient vous cueillir. A Manchester, où règne le chômage et la pauvreté, les jeunes et surtout Adam, 17 ans, voient cette gélule comme une opportunité de vivre la vie qu’ils n’auront jamais. A moins qu’ils ne regrettent déjà leur geste?…"

On commence par suivre Adam qui emmène sa petite amie à un concert. La star a annoncé qu'elle avait pris du Raid et tous ses fans attendent avec nervosité de voir s'il s'agit-là d'une simple blague ou de quelque chose de plus important.
De fil en aiguille, Melvin Brugess nous entraine dans une société où les gens n'ont plus rien, sauf leur vie, à perdre.
C'est très noir.
En soi, le noir ne me dérange pas. Par contre, j'ai trouvé les personnages ternes, plats, inconsistants. Impossible pour moi de m'identifier à l'un d'eux, de ressentir des émotions. Or, des émotions, il devraient y en avoir. Mais l'auteur n'est pas parvenu à me les faire ressentir. Comme si du papier glacé m'empêchait de les atteindre, de les rejoindre. J'ai refermé le livre en étant extrêmement frustrée et déçue.

Refroidie, j'ai hésité sur le second choix. La couverture de "Tous les héros s'appellent Phénix" a accroché mon regard. Phénix vit avec Sacha, sa petite sœur aussi vive qu'intelligente. Toutes les deux, elles se débrouillent avec la vie qui n'est pas toujours tendre : leur père est parti sans crier gare, les laissant aux bons soins d'une maman distante et souvent partie pour son travail. Alors Phénix gère, prend le relais, apaise les angoisses de sa sœur, dort avec elles pour empêcher les cauchemars de la terrifier. Elle attend aussi. Que son père va finir par faire un geste dans leur direction. Que le vendredi arrive, pour croiser le regard de Merlin Baldini. Tout aurait pu continuer ainsi longtemps si Sacha n'avait pas crevé à vélo et que Monsieur Smith, leur professeur d'anglais ne s'était proposé pour les raccompagner chez elle.
Tout ce que je n'ai pas trouvé dans le roman de Burgess, je l'ai eu dans celui de Rugani : des personnages attachants, vivants et auxquels on a envie de croire, une ambiance, une intrigue habilement menée. Du moins pendant les 3/4 du roman puisque la fin m'a, là aussi, laissée un peu dubitative et déçue.

Pour changer de registre, j'ai poursuivi ma découverte du prix Farniente avec "Humains" de Matt Haig. La 4ème de couverture annonce un roman hilarant ( chouette, cela va nous changer!!). Ce roman est un autobiographie fictionnelle rédigée par un extraterrestre investi d'une mission : empêcher les humains de progresser trop rapidement grâce à la résolution d'une équation mathématique capitale. Sous les traits du mathématicien Andrew Martin, responsable de la situation, l'extraterrestre découvre nos habitudes, d'abord avec dégoût, puis avec curiosité.
J'ai éprouvé des sentiments mitigés tout au long de cette troisième lecture. D'abord parce que je n'ai pas ri ( bon, allez, j'ai parfois souri) du tout. Ensuite, parce que j'ai trouvé le début extrêmement lent. Enfin, parce que malgré tout ça, l'histoire n'en demeure pas moins originale et joliment racontée. En plus, je me suis finalement attachée à ce double maladroit d'Andrew et j'ai trouvé que son évolution était intéressante à observer.
J'ai eu envie aussi de relever certaines phrases qu'Andrew donne en conseils à son "fils" Gulliver  et notamment :
"- Une vache est toujours une vache. Même si tu l'appelles "steak"." 
"- Une nouvelle technologie, sur Terre, n'est qu'une chose dont tu riras dans cinq ans. Chéris tout ce dont tu ne riras pas dans cinq ans. Comme l'amour. Ou un beau poème. Ou une chanson. Ou le ciel."
Ou encore :
-" Ne vise pas la perfection. L'évolution, comme la vie, n'existe que grâce à l'erreur." 
Il y en a 97 comme ça, mais je vous laisse le plaisir de les découvrir à votre tour ;-)

A bientôt !






lundi 28 juillet 2014

@pocket_jeunesse : J'ai aimé "Le Prince des nuages" de Christophe Galfard :-)

Décidément, les romans illustrés me font de l'œil et me séduisent! "Le prince des nuages" n'échappe pas à ce constat. Voilà un livre qui me faisait envie en raison des échos glanés sur le net et à cause ( ou grâce) à sa couverture absolument irrésistible. Les premières pages trouvées sur Amazon avaient fini de me décider à craquer. On y découvre Tristam en pleine interrogation de sciences et qui sue
sang et eau pour trouver les bonnes réponses alors que devant, son meilleur ami Tom gratte comme un forcené pour noter tout ce qu'il a engrangé dans sa tête.
J'ai bien aimé cette introduction qui n'a pas été sans me rappeler quelques souvenirs de souffrance sur mes propres copies de math lorsque j'étais encore du côté des élèves.
 
Mais en dehors de cette interrogation me demanderez-vous, ça parle de quoi? La quatrième de couverture nous révèle ceci :
 
"Tristam vit à 2000 mètres d'altitude, sur un nuage. Son village a été créé loin de tout pour cacher Myrtille, la fille du dernier homme à oser lutter contre le cruel seigneur du Royaume des Nuages. Tristam est un cancre et ses rêves d'aventures déplaisent autant à ses professeurs qu'à ses camarades. Mais le jour où l'armée du despote retrouve son nuage et arrête ses habitants, seuls Tristam et Tom, son meilleur ami, réussissent à s'échapper. Ces derniers comprennent soudain le sinistre dessein du despote : transformer le climat de la planète et l'utiliser comme une arme de guerre. Afin de retrouver Myrtille et de combattre le tyran, les deux garçons devront parcourir le ciel et en comprendre le fonctionnement. Pour cela, Tom ne pourra compter que sur son intelligence et Tristam sur son courage."
 
Le Prince des nuages se lit facilement. C'est vraiment un roman jeunesse. L'intrigue est assez simple, le récit est construit sans difficulté particulière, on peut facilement s'identifier aux personnages.
 
 
 
 
 
Ce qui m'a le plus plu, c'est l'insertion de passages explicatifs de nature scientifique. Sur les orages, sur les nuages, sur l'eau, sur le soleil. J'ai appris plein de choses et j'ai pu en faire profiter ensuite mes filles de 5 et 7 ans. C'est donc bien vulgarisé.
 
Rien que pour cela, je le recommande. Peut-être vous donnera-t-il, comme à moi, l'impression de ne plus être le cancre qui se cache au fond de la classe :-)

samedi 5 juillet 2014

Miss Peregrine et les enfants particuliers ~ Ransom Riggs

Encore un livre à déguster tant pour son contenu romanesque que pour ses illustrations! Ransom Riggs est parvenu à m'accrocher à cette histoire sur laquelle je lorgnais depuis un bon moment sans
me décider à franchir le pas de l'achat. Je ne savais pas trop quoi à m'attendre. S'agissait-il d'un roman accessible uniquement aux jeunes enfants? Pas du tout, je dirai même qu'il faut être un bon lecteur pour comprendre toutes les finesses de l'intrigue qui mélange réalité et univers fantastique, et où les horreurs de la seconde guerre mondiale jouxtent un monde où les monstres sont réels mais pas ceux que l'on pense. Et c'est là la force de ce bouquin : le lecteur est persuadé qu'une explication rationnelle va venir tout clarifier, va corriger le tir de ces récits étranges et fascinants racontés par un grand-père un peu dérangé. On soutient le héros, Jacob ( un prénom visiblement à la mode dans les romans jeunesse), dans son désir de rallier le clan de ceux qui sont de plain-pied dans le vrai monde. Et qui dénigrent, voire méprisent l'aïeul pour ses propos délirants.
On souffre avec lui lorsque ses repères tombent avec la disparition tragique de ce personnage haut en couleurs.
Et on attend le dénouement avec impatience.
 
Etes-vous prêts à rencontrer les enfants particuliers?

Reckless ~ @CorneliaFunke

Avec tous ces polars rendus obligatoires par la participation au PLLP, je me sens parfois écœurée et j'éprouve le besoin de vadrouiller vers d'autres rivages littéraires. C'est ainsi que je me suis plongée dans "Reckless".
Toujours à la recherche de bouquins susceptibles de plaire à mes élèves, je suis tombée sur le résumé
plus qu'appétissant de l'ouvrage. Et comme je savais l'auteure digne de confiance pour avoir lu " Cœur d'encre", je n'ai plus trop hésité. Surtout en voyant la couverture. Je dis Waouw ! Et c'était sans avoir vu les illustrations à l'intérieur du livre. Là encore, je dis waouw!
Je suis décidément de plus en plus sensible à ces images qui viennent soutenir la lecture. Le livre devient un véritable objet artistique qu'il me parait bon de défendre. Je le crie donc haut et fort : lisez Reckless!
 
" En découvrant un monde extraordinaire derrière le miroir de leur appartement new-yorkais, Jacob Reckless pensait avoir trouvé la liberté. Mais cet univers fascinant est aussi dangereux et, un jour, Will, son jeune frère, déjoue la vigilance de Jacob et le suit à travers le miroir. Victime d'un maléfice, il se transforme en monstre, brisant ainsi le cœur de celle qu'il aime... Reckless n'a que deux jours pour le sauver !"
C'est bien écrit, c'est prenant, c'est joli.
Que demander de plus?
De l'aventure?
Le livre en regorge.
De la magie?
Elle vous brûlera les doigts dès que vous aurez tourné la première page!
Des personnages attachants?
Attendez donc de rencontrer Jacob et la renarde. Et de savoir ce qu'il advient quand on boit de l'eau d'alouette... :-)
 
Je vous envie si vous n'avez pas encore croisé le chemin de cet univers. Vous avez encore tout à découvrir!
 

mardi 29 avril 2014

Reckless @CorneliaFunke









Je suis plongée dans le premier tome de Cornelia Funke " Reckless. J'avais bien aimé le premier tome de la trilogie précédente "Cœur d'encre", découvert au hasard de mes recherches en bibliothèque. J'avais trouvé les idées de l'auteure originales.

Du coup, j'ai sauté le pas et j'ai acheté son roman.
Pour le moment, je ne regrette pas mon achat.
D'ailleurs, je reviens vous en parler bientôt ;-)

samedi 1 février 2014

La voix du couteau Tome 1 Le chaos en marche - Patrick Ness

 
Patrick Ness avait fait vibrer mon âme de lectrice à travers l'excellentissime " quelques minutes après minuit" chroniqué précédemment sur ce blog et j'avais donc envie de voir si l'auteur tenait ses promesses en découvrant ses autres ouvrages.
J'ai donc googlé son nom et découvert à ma grande joie qu'il avait déjà écrit une trilogie intitulée " La voix du couteau".
Une commande s'imposait et je me suis bientôt retrouvée avec le tome 1 entre les mains : Le chaos en marche.
Ma première réaction a été un peu de déception. Je n'aime pas la couverture. Je laisse donc un moment le livre sur le côté.
Mais l'envie de me replonger dans cet univers si particulier de l'auteur me poursuit et malgré mes résolutions de consacrer plus de temps aux études et aux lectures scientifiques, j'ai finalement craqué ( après tout, il faut bien se détendre, non?) et je viens de terminer ce roman.
Le narrateur, Todd Hewitt est un gamin de 13 ans, bientôt 14. Ce passage marque son entrée dans l'âge adulte. Todd vit dans un univers où les pensées de chacun s'entendent que l'on souhaite ou pas les entendre. Ce qui forme le Bruit. Un bruit permanent, épuisant, envahissant où aucune intimité n'est véritablement possible. C'est aussi un monde d'hommes. Les femmes sont mortes à cause du virus qui a engendré le Bruit. Parfois, pour s'échapper, Todd vadrouille dans la campagne pour s'éloigner de la ville. Il ne doit plus alors qu'endurer les pensées ( très rudimentaires) de son chien Manchee. Cette fois, pourtant, Todd va faire une découverte qui va tout remettre en question et bouleverser son existence.
Ma déception s'est prolongée au cours de la lecture des premières pages du roman. Todd s'exprime dans un français pour le moins rudimentaire et la prof de français que je suis a éprouvé bien des difficultés à accepter de lire un texte criblé de fautes d'orthographe et d'erreurs syntaxiques.
Et puis, une fois l'horreur dépassée ( car à mes yeux, il s'agissait bien là d'une horreur sans nom!), j'ai appris à entendre la voix de Todd et à dépasser mes préjugés. Todd n'a pas eu d'éducation. L'auteur a donc bien un message à faire passer en adoptant ce style. Soit.
Et puis, Todd se met tout doucement à m'entrer dans la tête. Et j'ai eu envie de savoir. Comme lui, je me suis posé des questions sur cette civilisation étrange dans laquelle il évoluait. Comme lui, j'ai ressenti de la colère et de la tristesse en voyant sa vie basculer et se heurter à l'incompréhension.
Et puis, j'ai aimé Todd pour son évolution, pour sa manière d'appréhender les choses et les gens, pour son rapport avec Manchee qu'il dénigre sans cesse et qu'il finit par aimer.
 
Le roman avance, comme un cours d'eau, avec des moments plus calmes et des rapides à franchir.
Et à nouveau, l'auteur m'a emmenée au bord des larmes.
Et pour ça, je ne peux que conseiller à tout un chacun d'entamer l'aventure et de découvrir le monde de Todd.
Certes, je ne peux lui accorder le titre de coup de cœur vu les difficultés éprouvées à entrer dans l'histoire mais certains passages sont à découvrir de toute urgence.
Ne fut-ce que pour Manchee, quand il crie "Todd?"
 
 

lundi 30 décembre 2013

le livre des histoires perdues - R. Jung

Encore un livre des éditions Alice dont je ne peux que souligner les qualités.
Qualités du format et de couverture, qualités de l'écriture ensuite. Ces éditions ont décidément le nez très fin lorsqu'il s'agit de présenter des ouvrages à la jeunesse.

" Bambert eut soudain l'impression que toutes les histoires qui se promenaient en totale liberté dans son cerveau étaient en réalité emprisonnées dans son "Livre des désirs". Pour qu'une histoire inventée prenne vie, il fallait qu'elle puisse courir le monde. Il fallait qu'elle trouve le décor de son choix : sa ville, son fleuve, son océan... Il fallait qu'elle prenne corps dans des êtres humains de chair et de sang. Et il fallait que ces personnages évoluent dans des paysages naturels et qu'ils vivent dans de vraies maisons. Ce fut cette nuit-là que Bambert décida de déchirer son "Livre des désirs" en plusieurs cahiers. Puis, il entreprit de lâcher par la lucarne de son grenier onze minuscules montgolfières lestées de ses histoires, en espérant qu'elles lui reviendraient nourries des lieux qu'elles auraient visités."
 
Bambert est un personnage attachant. Petit, mal fichu, cloitré à l'abri des hommes et de leur mépris, protégé par son locataire, un épicier, Bambert écrit pour vivre des aventures qui sont hors de sa portée.
L'idée d'envoyer ses histoires au gré du vent m'a plu.
Tout comme la solution imaginée par l'auteur pour faire revenir les histoires auprès de ce petit homme nostalgique.
Et chacune des histoires qui lui revient est un moment de poésie. Le tout illustré par de très beaux dessins signés Moran Barak.
 
Seul bémol, j'ai moins aimé la fin du récit.
Peut-être parce que je n'avais pas envie de voir s'achever cette balade hors des sentiers battus?

Premier chagrin - Eva Kavian

Sophie répond à une annonce pour du baby-sitting. Elle a envie de gagner de l'argent. Mais aussi que malgré sa petite taille, elle grandit. Qu'elle est capable de s'assumer et de gérer un travail à responsabilité.
Mais en se présentant pour la place, "Quelle surprise, lorsqu'elle découvre que c'est une grand-mère et non une jeune maman qui a posé l'annonce. A partir de ce moment, rien ne se passe comme prévu, et la vie de Sophie va en être bouleversée."
 
Voilà un livre émouvant et agréable. Plein de fraicheur. Sophie a 14 ans et a envie de prouver au monde entier de quoi elle est capable. Mais assumer la fin de vie d'une grand-mère en mal de sa famille, il y a de quoi en déstabiliser plus d'un.
Eva Kavian a su une fois de plus traiter d'un sujet délicat toute en finesse et en émotions. C'est facile à lire et pourtant grave comme propos.
L'auteur ne tombe jamais dans le pathos larmoyant. Et je l'en remercie :-)


vendredi 13 décembre 2013

Terrienne de J-C Mourlevat


J'ai découvert Mourlevat avec "Combat d'Hiver" que j'avais beaucoup aimé. Amazon m'a permis de télécharger le premier chapitre de ce roman et j'ai trépigné d'impatience jusqu'à sa sortie en poche.

La 4ème de couverture annonce que " Tout commence sur une route de campagne... Après avoir reçu un message de sa sœur, disparue depuis un an, Anne se lance à sa recherche et passe... de "l'autre côté". Elle se retrouve dans un monde parallèle, un ailleurs dépourvu d'humanité, mais où elle rencontrera cependant des alliés inoubliables. Pour arracher sa sœur à ce monde terrifiant, Anne ira jusqu'au bout, au péril de sa vie. Elle se découvrira elle-même : Terrienne.
Vous ne respirerez plus jamais de la même manière."
 
J'aurais envie de reformuler en signalant que tout commence sur une petite route de campagne pour un écrivain en mal d'inspiration qui s'arrête pour prendre une jeune auto-stoppeuse car elle lui rappelle bien trop sa petite-fille pour qu'il se sente de la laisser sur le bas-côté, à la merci du premier malotru.
Il m'a plu tout de suite ce vieux bonhomme plein de doutes et de questions, qui souffre à chaque fois qu'il se rend chez son dentiste et qui prend le temps de s'arrêter pour cette jeune fille. J'ai bien aimé le dialogue qui s'instaure entre eux également.
J'ai beaucoup aimé aussi la manière tout en finesse dont l'auteur suscite le questionnement avec cette route de campagne et cette fille qui disparaît puis qui réapparait.
Malheureusement, la suite du livre a moins bien fonctionné. Peut-être me suis-je trop nourrie de la série "la 4ème dimension" mais je n'ai rien trouvé d'original à ce livre. Certes, les personnages sont attachants et il y a de l'émotion mais voilà, j'ai tellement aimé "Combat d'hiver" que j'en espérais davantage.
Je nuance toutefois mon propos grâce à la présence d'un personnage, non pas celui d'Etienne Virgil - l'écrivain dont le sort m'a frustrée horriblement - mais celui de Madame Stormiwell qui accueille l'héroïne lors de son premier passage de l'autre côté. Aucune fausse note de ce côté-là, le personnage est merveilleusement bien dépeint, est original et solide. Elle irradie littéralement dans sa différence et dans son attirance pour la "terriennitude"...
 
Rien que pour elle, le livre mérite qu'on lui réserve un bon accueil.
 
Un petit extrait pour se faire plaisir :
 
 
" Au spectacle de la matière gluante qui coulait sur les doigts de son élève, le lieutenant Geemader avait mis sa main devant sa bouche et il plissait les yeux.

— Bien, reprit-il une fois que tous les œufs furent cassés et battus dans le saladier. Veuillez maintenant apporter ce qui se trouve sur la deuxième étagère du réfrigérateur.

Un élève alla chercher le plat désigné et le déposa sur le plan de travail. Geemader recula d’un pas. Il avait légèrement pâli.

— Ces choses roses avec des bords un peu plus foncés sont des petits lardons. Ils ne sont pas produits par des animaux…

Chaque fois que le mot « animal » ou « animaux » passait les lèvres de Geemader, sa bouche se rétractait vivement et on imaginait ce qu’il devait penser à cette occasion : « Qu’est-ce qu’on m’oblige à dire, tout de même ! »
Il recula d’un pas encore, se retrouva dos au mur et, ne pouvant pas mettre davantage de distance entre les petits lardons et lui, il poursuivit :

— Non, ces choses ne proviennent pas des animaux, elles sont des animaux. Et pire, elles sont des morceaux d’animaux…

Pour aller jusqu’au bout de sa phrase, il dut contracter douloureusement son visage
de tortue :

— des morceaux d’animaux… morts.

Après cela, il lui fut plus facile d’évoquer la pâte brisée, l’emmental et le poivre muscade, mais, tandis que les élèves tranchaient, battaient, râpaient, mélangeaient et mettaient au four, il se tint aussi loin que possible de l’action.

— Bien, conclut-il quand les quiches furent enfournées, vous pouvez raccrocher vos tabliers et sortir. Nous reviendrons dans vingt minutes pour vérifier qu’elles sont bien cuites, et si c’est le cas, vous les emporterez à la cantine pour…

La fin de son épreuve arrivait et il puisa dans ce qui lui restait de courage pour prononcer cette dernière horreur :

— pour les manger."
 
 

dimanche 22 septembre 2013

L'école de la mort - GULF stream

Belle rencontre que celle-ci, organisée par "délivrer des livres" grâce à un partenariat avec les éditions Gulf stream que je remercie vivement pour cette initiative.

L'école de la mort est un recueil de nouvelles ou de récits courts qui traitent de l'environnement scolaire ( en tous cas d'environnements d'apprentissage) et montrent les dangers qui guettent les élèves ou leurs enseignants.
Je m'attendais à lire des histoires assez basiques et j'ai donc été heureusement surprise en lisant ces textes très élaborés, denses et aux sujets relativement complexes.
J'ai beaucoup aimé aussi l'idée de placer ces histoires dans des époques différentes. Cela permet aux lecteurs de se faire une image plus précise des différentes approches pédagogiques. Nous passons ainsi du XVIIème siècle à l'antiquité égyptienne ou grecque, avec un détour par le XXème siècle en Russie et même un crochet par la préhistoire.
En tant qu'enseignante, cette idée ne pouvait que me séduire. Mais les auteurs qui ont participé à l'aventure de ce livre ont également réussi à me séduire par la qualité de leurs styles, par le choix des personnages et par la liberté qui nous est donnée de retirer de chaque texte une leçon, un questionnement.
Je souligne également le côté agréable de l'objet livre avec ses grands caractères et sa couverture attractive.
Et même si j'ai trouvé que tous les textes n'étaient pas aussi prenants, il n'en reste pas moins que j'ai passé un vrai bon moment de lecture avec deux mentions spéciales pour "Le maître des pierres" et " les fantômes de Saint-James" qui présentent l'un la naissance des sépultures et des offrandes funéraires et l'autre le traitement affligeant réservé aux indiens dans les établissements catholiques et dont voici un extrait :
 
" Sœur Charity ne savait ce qu'elle haïssait le plus quand une nouvelle fournée débarquait à la mission Saint-James : leurs braillements ou la morve qui leur coulait du nez. La première chose à faire avec ses furies, c'était les nettoyer pour les débarrasser des puces et de la vermine recouvrant leur corps; ensuite il fallait leur couper les cheveux, le plus court possible, pour éviter la propagation des poux et la persistance de leurs croyances barbares. Mais c'était la même chose, n'est-ce pas? "

vendredi 20 septembre 2013

Réseau(x) de Vincent Villeminot

Il en est des lectures comme des relations humaines : certaines sont parfois plus difficiles à établir. Avec "Réseau(x)", c'est exactement ce que j'ai vécu. Une entrée en matière délicate qui m'a presque poussée à refermer le livre sans aller plus loin. Et puis, allez savoir pourquoi, on se dit que c'est bête, on s'accroche et on finit emportée. Ou presque.
Que puis-je en dire? Pour l'histoire, je ne peux que m'incliner devant la présentation qu'en donne le site Ricochet:

"Sur le réseau social DKB, DreamKatcherBook, on ne parle que de Cèsar Diaz, alias Nada#1, vingt ans et millionnaire d'Internet. Il a inventé les PIFR, Play It For Real, événements sauvages qui donnent corps, dans différentes villes du monde, à des épisodes connus de jeux vidéo. Cèsar nargue la police, faisant passer ses ordres à son équipe et ses fans par le biais de la partie nocturne de DKB, soit MDP, MyDarkPlaces, un lieu où l'on raconte ses rêves et ses cauchemars sous forme de textes, de vidéos... Nous suivons tout un ensemble de personnages liés au DKB, au départ pour des raisons différentes. Parmi eux la jeune Sixtine, [...], Maud, active participante à des grèves étudiantes, la commissaire Alice Kowacks de la brigade numérique chargée de surveiller le PIFR, et bien sûr Nada#1 lui-même [...]"
 
Un résumé qui, rendons à Cèsar ce qui appartient à Cèsar, reflète extrêmement bien la complexité qui attend le lecteur.
En effet, Vincent Villeminot a choisi de nous faire rencontrer ses personnages en nous plongeant dès les premières pages dans l'univers du réseau social DKB et ce, à travers les messages qu'ils postent à intervalles réguliers.
Ainsi faisons-nous connaissance avec Sixtine :
" 1. Rêve de Sixie. 9.30 a.m.

[ émis sur la page DKB/MDP SixieDREAMY.
T&P : amourette/meurtre/noyade
30 janvier, 09.30 a.m. ]

[ je suis dans une grande prairie herbeuse, quelque chose d'un paysage flamand, ciel mouillé mais lumineux, nuages hauts, soleil jaune. Je sens le bruissement du vent autour de moi, je porte une robe comme celle d'Autant en emporte le vent. Je tiens une ombrelle. Romantique en diable, la fille... [...] ]

Autant dire que pour le malheureux adepte du courrier papier, la lecture devient très rapidement ardue! D'autant que les personnages s'enchaînent au fil des articles publiés, sans liens apparents les uns avec les autres.
Et puis, à force d'entêtement, je suis arrivée à la page 75 et à l'entrée en scène du commissaire-stagiaire Alice Kowacks: brave petit soldat, fière de son métier et de ses aspirations! Quitte à saborder sa relation de couple et à en subir les conséquences. C'est grâce à Kowacks que je n'ai pas abandonné la lutte. Avec elle, j'ai repris pied. Avec elle, j'ai pris plaisir à me laisser aller au style efficace de l'auteur. En effet, Vincent Villeminot, s'il ne m'a pas facilité la tâche, a le mérite d'écrire remarquablement bien. Pas de lenteur dans le rythme, construction narrative audacieuse, manipulation du lecteur tout autant que des personnages. Car il leur en fait voir à ses personnages! Les intrigues se mêlent, s'entrecroisent, forment une sorte de gigantesque labyrinthe ( j'avais envie de dire réseau...) où la réalité se confond avec le rêve et le virtuel.
Où se cache la vérité dans cette masse d'informations que les personnages nous livrent, croient deviner, abandonnent pour un temps avant d'y revenir? C'est la question qui m'a agitée jusqu'au bout. Tout comme elle a agité Alice Kowacks...

Et donc, je suis arrivée à la fin. Avec le sentiment très net de n'avoir pas tout compris et de devoir sans doute relire une seconde fois ce livre de 448 pages.
Dois-je alors dire que je suis déçue?
Et bien non, et c'est là toute l'étrangeté de la chose.
Bien sûr les références à connotations "geek" m'ont bloquée dans mon approche de départ, bien sûr le nombre de personnages est étourdissant, bien sûr les différentes intrigues se mélangent tellement que je me suis perdue.
MAIS,
il y a le style.
MAIS,
il y a l'originalité du thème qui donne à réfléchir.
MAIS,
il y a le rythme.

Et puis surtout, il y a des personnages auxquels je me suis attachée. Contrairement à ce que j'ai lu chez d'autres blogueurs, ce ne sont ni Sixtine, ni Théo Chaplin, ni même Alice Kowacks qui m'ont séduite. Non. C'est le commissaire Abel Fanelli. Cet homme usé par la violence quotidienne qu'il doit affronter, par son sentiment d'avoir été un mauvais père et par ses efforts pour y remédier, même mal.
Cet homme-là m'a émue. Sans doute parce qu'il reflète une des grandes craintes que nous avons, nous parents : celle d'échouer auprès de nos "petits"...

"Réseau(x)" est à présent fermé sur mon bureau. Je ne l'ai pas rangé. Je sais qu'il m'attend et que je replongerai sans aucun doute dans ses pages.



Je remercie les éditions Nathan et Lire en live de m'avoir donné l'occasion de découvrir un auteur qui me faisait de l'œil depuis ses précédents romans "Instinct" ( tomes 1 et 2) vers lesquels je ne manquerai pas de me tourner dans un avenir proche.




 

 

lundi 26 août 2013

Juliette forever de Stacey Jay

La couverture de ce livre me faisait de l'œil depuis quelques mois. La quatrième de couverture titillait ma curiosité. Et j'assiste à une représentation théâtrale sur le sujet avec mes élèves. Il n'en a pas fallu davantage pour que j'achète "Juliette forever" de Stacey Jay.
Jugez plutôt ce résumé apéritif des éditions Macadam :
 
"
Oubliez tout.
Oubliez Roméo qui se tue pour Juliette.
Oubliez Juliette qui se tue pour Roméo.
La vérité? Les deux amants sont devenus immortels... mais ennemis à jamais. Depuis quatre siècles, Roméo s'acharne à séparer ceux qui pourraient s'aimer quand Juliette doit tout faire pour les réunir.
Entre les deux anciens amants, tous les coups sont permis. Car l'amour a fait place à la haine. Pour toujours.
Vraiment?"
 
Ah? Avouez! Voilà qui a de quoi apostropher le client, non? Apostrophée, je fus. Hélas, pas pour longtemps.
Si l'objet est infiniment plaisant à tenir en main ( qualité de la couverture, grands caractères, chapitres pas trop longs), le contenu m'a nettement moins enthousiasmée. C'est très roman "fleur bleue", y a pas à dire. Et même si je suis romantique, je dois avoir passé l'âge des romans trop édulcorés où les "je t'aime - moi non plus" constituent les ressorts principaux d'une histoire.
Certes, c'est mignon. Certes, le lecteur se demande comment tous les drames successifs vont se résoudre. Certes. Mais malgré cela, je n'ai pas réussi à m'imprégner des héros, à vibrer en même temps qu'eux.  Il n'est pas question de qualité littéraire ou de mauvaise construction narrative ( même si les références constantes aux Ambassadeurs et aux Mercenaires rendent parfois le récit embrouillé), mais la magie n'a pas opéré sur moi. Je le regrette mais peut-être agira-t-elle sur vous?
 
 
 

Prix Farniente 2014 (suite)

J'ai donc poursuivi mes courses marathon en lectures pour la préparation de ma rentrée. Comme je vous le disais, ce sont les sélections du prix Farniente qui ont accaparé toute mon attention ces derniers jours.
 
"L'homme qui court" de Michael Gerard Bauer est un très beau livre.Très bien écrit et qui mérite une longue réflexion car il propose une histoire qui peut paraître simple mais qui regorge de situations complexes à appréhender. Joseph a 13 ans et est très doué en dessin. A la maison, il y a sa maman et parfois son papa. Un papa qui travaille très loin, ce qui n'est pas toujours simple à vivre. Très souvent, il y a aussi une voisine sans-gêne : Madame Mossop. Une voisine qui a l'œil a tout ce qui se passe dans le quartier tranquille où ils habitent. Madame Mossop qui a une opinion très tranchée sur tout le monde et notamment sur les Leyton qui vivent juste à côté de chez Joseph. Pourtant Caroline Leyton est charmante. Elle propose à Joseph de tondre la pelouse. Et puis, elle va également lui proposer de faire le portrait de Tom, son frère. Un homme mystérieux dont on raconte beaucoup de choses inquiétantes. Pour s'affranchir de sa réputation de garçon trop timide, Joseph va accepter. Et découvrir qu'il faut souvent gratter profondément sur la surface pour connaître réellement une personne.
"L'homme qui court" est vraiment une belle histoire. Très riche. Les personnages sont tous attachants et le récit n'est pas moralisateur. L'auteur a su déjouer le piège de la morale bien lourde pour simplement raconter un récit plein de finesse et de saveur. Où l'humain se révèle tel qu'il est : complexe et multiple. Même Madame Mossop, très caricaturale au départ, va acquérir une épaisseur qui la rend nécessaire et attachante.
Un livre à conseiller donc, même si les lecteurs moins "pratiquants" risquent aussi de lui reprocher une relative lenteur.

"Bras de fer" de Jérôme Bourgine.
Julian a 18 ans et tout pour être heureux. Du moins, presque tout. Il aimerait obtenir de son père un
autre regard, un regard de reconnaissance, de fierté. Le seul moyen pour y parvenir? Le battre au bras de fer. Sauf qu'un accident de moto vient bouleverser le fil de l'existence. Et pour Julian et ses proches, pour Leïla - sa merveilleuse petite-amie - commence une longue plongée dans les recoins les plus noirs de l'humanité.
Ici, par contre, après un début prometteur, le livre m'a ennuyée pour ne pas dire pire. J'ai retrouvé dans ce livre tout ce que je reproche à la littérature pour jeunes adultes : l'ambiance glauque, le plaisir de s'enfoncer dans une réalité la plus sombre possible, avec des détails sur la descente aux enfers des deux héros dont je me serais bien passée. Je n'aime pas les livres qui ressemblent à un article de la DH et là, même si c'est écrit de façon correcte, je n'ai fait qu'assister à un journal qui s'étale sur les aspects morbides et négatifs de l'existence. Je ne doute pas cependant qu'il plaira à beaucoup puisque c'est souvent le genre de thème qui séduit les jeunes de mes classes.
 
"La guerre de Catherine" de Julia  Billet.
 
Julia Billet est la fille de l'héroïne dont elle narre l'aventure. L'histoire s'inspire donc de faits réels mais modifiés par la main d'une auteure qui a voulu avant tout raconter une histoire.
Rachel est élève dans une école où l'on expérimente une nouvelle méthode pédagogique. C'est la guerre. Rachel n'a plus de nouvelles de ses parents. Mais elle a deux amis qui lui permettent de faire l'impasse sur ce qui se déroule hors des murs de la "maison des enfants de Sèvres". Deux amis et une passion nouvelle pour la photo. Seulement la réalité est là et bientôt, elle jette la jeune fille sur les routes de France pour échapper à l'Allemand nazi. Rachel devenue Catherine devra oublier qui elle était pour survivre. Grâce à son appareil photo, elle se fait le témoin des violences et des beautés de cette guerre. Car il y a de la beauté dans les rencontres qu'elle fait, dans les gens qui de façon simple l'accueillent, au mépris du danger qu'elle fait planer sur eux.
Récit diablement bien écrit, le livre risque ici aussi de susciter la critique des jeunes par sa lenteur. Et pourtant, il mérite vraiment un détour et une analyse tellement l'évolution de Rachel/Catherine à travers son art est intéressante.
 
"Le cœur en braille" de Pascal Ruter.

Victor est un cancre. Il ne fait rien de bon à l'école. Lire est une torture. Les maths une source
d'incompréhension majeure. Pourtant, Victor est de bonne composition, il ne demande pas mieux que d'apprendre. Il retient d'ailleurs sans difficulté les 1001 détails concernant la Panhard, célèbre voiture aujourd'hui disparue pour d'autres marques plus rentables, vestige d'une époque désormais révolue.
Pour Victor, la vie n'est donc pas toujours rose. Heureusement, il y a Haïçam, un petit génie, fils du gardien de l'école. Et puis un jour, il y a aussi Marie-José. Marie-José qui a une QI drôlement élevé. Marie-José qui joue du violoncelle. Marie-José, allez savoir pourquoi, qui s'est mis en tête de collaborer à l'éducation de Victor.
Pascal Ruter tisse une jolie histoire sans prétention avec des personnages attachants. Je lui reproche juste de s'enliser parfois dans son récit. De le rendre long par certaines répétitions de situations. Et par des digressions pas toujours claires.
La couverture est adorable et illustre vraiment bien le roman. C'est elle qui m'a donné envie de découvrir le bouquin. Et même maintenant que je l'ai lu, elle suscite toujours en moi une émotion indéfinissable.
 
Voilà qui termine probablement mes pérégrinations dans l'univers Farniente 2014 dont je souligne la qualité et la pertinence de classement d'âge.
 

 

lundi 12 août 2013

Lorsque rentrée rime avec coup de coeur : "Quelques minutes après minuit" de P. NESS

C'est la rentrée qui se dessine et pour me préparer à cet événement, je dévore des livres qui pourront, je l'espère, plaire à mes élèves.
Cette année, après avoir scruté le web, j'ai choisi de me tourner vers deux sélections pour faire mes choix : celle du prix des lycéens de littérature et celle du prix Farniente. Les résumés de certains livres m'avaient accrochée et j'ai donc, par le biais de notre bibliothèque communale d'Andenne - que je salue au passage -, réservé plusieurs titres.
 
J'ai commencé par "Les étoiles de l'aube" de B. Gheur. Un très bon livre qui retrace les jours de libération de la cité ardente à travers des témoignages recueillis par le narrateur qui, le temps d'un reportage, revêt la cape de journaliste. C'est bien écrit, facile à lire et rapide. Voilà déjà un titre à mettre sous la dent de ceux que fascine la seconde guerre mondiale.
 
 
Ensuite?
 
J'ai enchaîné avec " Si tu passes la rivière" de G. Damas. Là aussi, j'ai commencé le récit et n'ai plus su m'en détacher. François vit et travaille à la ferme. Avec son père et ses deux frères. Et les souvenirs de ceux qui sont partis : son frère Jean-Paul, sa mère Victorine et sa sœur Maryse. Le départ de Maryse est ce qui blesse le plus son cœur car elle était la seule à se montrer tendre. Alors, pour se consoler, François sympathise avec les cochons dont il a la responsabilité. Mais c'est douloureux de s'attacher à un cochon qui va finir dans votre assiette... Et puis, il y a toutes ses questions qui restent sans réponse. Alors François va chercher.
Un récit terrible et poignant, qui montre combien l'éducation est importante pour permettre d'y voir clair. Hop, encore un autre livre à présenter à mes cocos...
 
 
 
 
 
Et puis?
 
 
 
J'ai dévoré " Karen et moi" de N. Skowronek. Celui-là, je ne suis pas parvenue à le lâcher et pourtant, il ne figurera pas dans mes propositions scolaires. "Karen et moi", il faut avoir lu " la ferme africaine", avoir frémi en regardant " Out of Africa", trembler en attendant les mots " J'avais une ferme en Afrique". Sinon ça marche pas. Heureusement pour moi, ça a marché et j'ai aimé, aimé, aimé. Même si ce premier roman présente certaines faiblesses ( notamment un petit côté inachevé, je trouve), c'est excessivement bien écrit.
 
 
 
 
 
 
 
D'accord. Et après?
 
J'ai ouvert  " Les épines de la couronne" de H. Lejeune. Le sujet me plaisait car lié à la problématique des guerres de religions ( j'ai lu "les Fortunes de France" de R. Merle comme objet de mon mémoire). Jean Cavalier est protestant dans une France catholique dure. Comme d'autres, Jean ne supporte plus d'avoir à se cacher et il fera partie des révoltés des épisodes tragiques des dragonnades. C'est bien écrit mais malheureusement un peu long et pour finir, hélas, monotone.
 
Quoi d'autre ?
 
 
Laissant de côté " la maison de l'âme" de C. Deltenre au sujet trop fouillé pour m'attirer, je me suis enfin tournée vers l'objet réel de cet article : "Quelques minutes après minuit" de P. Ness.
Le livre est intriguant. Une couverture bleue, sombre, des branches d'arbres. A l'intérieur des illustrations pourraient laisser croire qu'il s'agit d'un album pour enfant. Il n'en est rien. Conor a 13 ans et sa maman lutte contre un cancer. Conor lui lutte avec sa maman. Mais il lutte aussi contre des comportements malsains de "camarades" d'école, il lutte contre la colère. Il lutte contre d'affreux cauchemars dont il n'ose parler à personne. Pas même à sa maman. Et puis un jour, en plus des cauchemars, Conor va devoir affronter le Monstre.
Un récit bouleversant, terriblement dur et juste qui a manqué de peu me faire pleurer tant c'était vrai. Des personnages poignants. Et cette réalité qui justement n'est pas un conte de fée. Je suis ressortie de ce livre après avoir lutté à mon tour et ressenti les mêmes émotions que ce bout d'homme courageux. Une lecture-choc. A lire avec précaution. Mais à lire de toute urgence!
 
 

lundi 5 août 2013

les filles de Cùchulainn de JF Chabas

 
Autant le dire tout de suite, voilà une petite pépite, un savoureux moment de lecture que j'ai dévoré en quelques heures.
"Les filles de Cùchulainn" c'est avant tout le récit d'une île et de la mer, de ses marins et des femmes qui attendent leur retour, parfois en vain. Ensuite, c'est l'histoire d'un amour. Celui qu'éprouve Mary pour Conrad. Conrad pour Mary. Depuis toujours et pour toujours sans vouloir tomber dans le trop sentimental, qui est un défaut totalement absent de ce roman. C'est aussi la rencontre avec un cheval, énorme, gigantesque, imposant : Cùchulainn. Qui ne sert à rien. Car il refuse obstinément de travailler. Il ne sert à rien jusqu'au jour de la naissance des filles de Mary. Et je préfère ne pas en dire davantage de peur de gâcher votre plaisir. Disons seulement que c'est très bien écrit ( avec cette étonnante particularité d'un auteur masculin qui parle à travers une voix de femme avec beaucoup de justesse) et que Cùchulainn et ses filles ne peuvent laisser indifférents. Bonne lecture!
 
Un petit extrait pour le plaisir :
 
"Un matin, j'ai su que j'étais enceinte. J'ai ouvert les yeux avant de sourire dans la pénombre de la chambre ; à bien y repenser, c'était une étrange certitude, car rien dans mon corps ne s'était encore manifesté. Mais il y a des tas de choses qu'on n'explique pas. Ceux qui prétendent le contraire - les terribles rationalistes - sont à plaindre, me semble-t-il. En tout cas je suis restée immobile, mains croisées sur mon ventre plat, draps remontés sous le menton, et j'ai continué à montrer mes dents au plafond, comme une demeurée, jusqu'à ce que les muscles de mes joues se crispent. C'a été un merveilleux réveil, je me le rappellerai toujours. Tandis que résonnaient les chants des oiseaux de l'aurore, je me suis demandé qui serait le petit occupant. Eh non, je ne savais pas ce qui m'attendait.
Sur Greene, notre île, il est impossible de prévoir le temps. Si au cœur du continent ou ailleurs on trouve un peu partout de soi-disant vieux sages vous affirmant avec une emphase confortée par leur grande expérience que, puisque le ciel est rose, il va faire beau, ou que comme les nuages sont ronds, la pluie arrive, sur Greene personne ne s'aventurerait à ce genre de ridicule. Personne ; pas même le plus gâteux des centenaires. Nous sommes, à n'en pas douter, une espèce de terrain de jeu pour les dieux malicieux, et ici la tempête succède au calme plat avec une déconcertante soudaineté. Aussi nos femmes de marins deviennent-elles veuves très tôt. Tout comme moi, avec mon Conrad.
J'avais toujours connu mon mari. Nous avions bâfré ensemble le sable de la plage tandis que nous tenions à peine debout, nous avions roulé dans le même crottin, et proféré les mêmes âneries, de nos voix de mouette ; nous avions reçu les mêmes taloches. Il me semble cependant que celles de la mère de Conrad étaient les plus violentes. C'était une forte femme. Ici, toutes les femmes sont fortes ; disons que c'était une forte femme parmi les fortes femmes de l'île, ce qui en faisait quelqu'un de redoutable pour chacun, et spécialement pour nous autres bambins. Elle est tout de même morte de pneumonie, par un hiver où les vents soufflaient avec une telle violence que j'ai vu de mes yeux deux bœufs couchés par une bourrasque, à l'instar de soldats de plomb valsant sous la chiquenaude d'un gosse. Conrad a tant pleuré que j'en avais le cœur brisé. Nous venions de fêter nos onze ans. Ce garçon qui exhibait déjà des mains d'homme, abîmées par les cordages, l'eau et le froid, était si sensible ; un instant, il m'est passé par la tête qu'il ne s'en relèverait pas, qu'il en resterait idiot, ou plutôt fêlé, c'est le bon terme, fêlé comme un vase pouvant se casser au moindre choc. Mais il a surmonté sa peine. Je veux croire que j'y suis pour quelque chose parce que je ne l'ai pas quitté d'une semelle et que je lui ai donné à cette époque mon premier vrai baiser, m'étourdissant autant que lui. Conrad était un garçon aussi gentil que viril ; il est demeuré semblable quand il est devenu un homme, et il n'y a pas beaucoup de filles capables de résister à ce mélange-là
."

lundi 10 juin 2013

Le cri du petit chaperon rouge

Malvina a une meilleure amie, Lizzy, avec qui elle partage tout : les jeux dans une maison abandonnée - leur repaire -, les vendredis après-midis chez son grand-père, les confidences et les angoisses qui agitent parfois les jeunes filles en fleur.
Malvina a une meilleure amie, Lizzy, qui part skier et la laisse toute seule.
Malvina a aussi un grand-père malade, un grand-père loup dans la gueule duquel la petite fille est envoyée par son père, sourd aux cris de détresse qu'elle peut bien pousser.
 
"Ca va passer, me dit papa, comme si j'étais malade".
 
"Le cri du petit chaperon rouge" est terrible et terrifiant. comment rester indifférent devant cette gamine livrée à la lubricité d'un grand-père et délaissée par ceux qui devraient la protéger. On assiste impuissant à ses efforts maladroits pour se faire entendre, à sa colère, à son impuissance.
 
Je me suis attachée à Malvina. Principalement parce que l'auteur ne tombe à aucun moment dans le piège du voyeurisme mais privilégie la subtilité des dialogues où les non-dits dominent obligeant une enfant à s'inventer des mécanismes de protection contre l'innommable.
 
C'est à la fois simple et compliqué à lire. Un style très abordable pour un thème qui l'est nettement moins.
C'est juste et ça sonne vrai.
Autre avantage : c'est publié aux éditions Alice en grands caractères et cela convient particulièrement bien aux lecteurs "à problèmes dys-"...
 


samedi 1 juin 2013

Divergente de Veronica Roth : Rhaaa, que c'était bon :-)

 
Le titre vous dit tout, pas besoin de tergiverser : foncez dans votre librairie la plus proche et plongez-vous sans plus tarder dans l'histoire de Tris!
Du moins, si vous aimez les histoires trépidantes, avec une intrigue menée tambours battants et des personnages relativement bien construits. Certes, cela reste de la "gentille" littérature pour un public initialement prévu comme étant jeune. Mais qu'importe! Je suis restée jeune aussi dans ce cas-là. Je me suis sentie proche de Tris et de cette vie nouvelle qui commence pour elle. J'ai souffert avec elle lors de son initiation et j'ai souri lorsque son cœur bat plus fort sous l'effet des émotions qu'elle éprouve. Tris est devenue comme une amie de papier. Et j'ai dû me faire violence pour ne pas courir chercher le tome 2. Eh oui, j'ai décidé d'être sage et de vider un peu ma PAL avant de me lancer dans de nouveaux achats. C'est duuuuuuuuuuuuuuuurrr!!!
Quoi? Je m'écarte de mon sujet et vous voulez que je vous livre davantage de détails pour vous pousser à vous procurer ce livre?
Bien, mais c'est uniquement parce que je suis votre aimable servante.

Tris vit dans une humanité où pour éviter les conflits du passé, les gens sont regroupés dans des castes liées à leurs caractéristiques morales profondes. Il y a les Altruistes, les Sincères, les Audacieux, les Erudits et les Fraternels. Au départ, c'est relativement simple : chacun nait dans la faction de ses parents et respecte les codes en vigueur. Les choses peuvent se compliquer lorsque vient l'âge de choisir de manière définitive le camp auquel on souhaite appartenir. Un test est censé aider les jeunes dans ce choix. Mais que se passe-t-il lorsque le test n'est pas concluant? C'est ce qui arrive à Tris. Elle va ainsi se retrouver plongée dans une situation particulièrement délicate et découvrir que son monde n'est peut-être pas aussi limpide qu'il y paraît!

mercredi 1 mai 2013

Sublimes créatures / 16 lunes : mortel ennui!

 
J'ai assisté à la bande annonce du film et je me suis dit que cela me plairait d'aller le voir. Mais avant, je préfère lire le livre aussi me suis-je procuré le volume 1 de cette série, heureusement sorti en poche.
"Sublimes créatures" de Kami Garcia et Margaret Stohl enfin en ma possession, je me suis empressée de le lire.
 
 
Saperlipopette!
Pour tout vous avouer, je ne suis pas allée voir le film. C'est tout dire. J'ai trouvé le livre tellement lamentable que je n'ai pas eu le cœur de m'infliger l'adaptation cinématographique, bien trop inquiète à l'idée de revivre cet ennui mortel qui s'est emparé de moi à la lecture de ce bouquin.
Est-ce en raison d'un narrateur masculin que j'ai éprouvé de telles difficultés à rentrer dans l'histoire? Je l'ignore. Toujours est-il que je n'ai jamais réussi à accrocher au récit des amours torturées d'Ethan et de Léna.
Pourtant, en toute honnêteté, il y a de chouettes idées. Ainsi, le lien qui unit les deux héros se manifeste-t-il à travers la télépathie ou encore cette capacité d'Ethan à protéger Léna contre des attaques que les sorciers ne peuvent contrecarrer ou enfin, la bibliothèque des sorciers. Le rôle du copain qui en pince pour une méchante aurait pu être piquante et mettre de la vie au milieu de tout ça. Mais le prisme du regard d'Ethan a tout gâché. Dieu que ce garçon est mou, apathique et sans vie! Il parle et je baille.
Il déclame des sentiments comme dans une mauvaise tragédie sentimentale sans que je puisse vibrer aux échos de sa soi-disant passion.
Allez, si, à la page 476, j'ai eu un sursaut d'intérêt : "Je n'ai pas eu de réponse. Elle était partie, et ce n'était pas une chose à laquelle j'étais prêt..." Le narrateur souffre et pour une fois, j'y ai cru et ai donc ressenti de la sympathie pour lui. Je me suis même dit que tout n'était pas perdu : il me restait encore 60 pages à lire, j'avais une lueur d'espoir.
La lueur s'est très vite éteinte...

Des déceptions plus ou moins grandes

Pas trop branchée roman policier, j'ai donc décidé de mettre de côté mon Elisabeth George et sa ronde des mensonges et je me suis une fois encore tournée vers la littérature "jeunes adultes" dirons-nous pour faire moderne.
Enthousiasmée par l'excellent "Sous le signe du scorpion" de Maggie Stiefvater, c'est sans trop hésiter que j'ai acheté le tome 1 : Frisson.
 
Bien mal m'en a pris!
J'ai découvert l'histoire de Grace, attaquée alors qu'elle n'est qu'une enfant par une meute de loups et sauvée par l'un d'eux. Depuis, un étrange lien les unit et le loup rôde à proximité de la jeune fille qui grandit.
Jusqu'au jour où une battue est
menée et où Grace va découvrir un jeune homme sur son balcon. Un garçon au regard étrange.
 
L'histoire, même si elle paraissait d'ores et déjà promise aux affres du déjà vu, m'avait néanmoins séduite et c'est avec un délicieux sentiment d'attente que je me suis plongée dans les pages du livre. Las! Je n'ai trouvé dans ce récit aucune magie mais seulement une histoire mal rafistolée d'amours contrariées par une nature "loup-garesque" (of course!). Je n'ai malheureusement pas frémi un seul instant. Impossible pour moi de ressentir le moindre intérêt pour ce qui - à mes yeux - rentre vraiment dans la catégorie de la mauvaise littérature pour jeunes. J'ai trouvé ça mal écrit, tiré par les cheveux, écœurant de bons sentiments. C'est bien simple, en lisant le livre, je me suis sentie très vieille et très loin des préoccupations superficielles de ces adolescents. Bref, mon moral en a pris un coup. Je ne peux que vous conseiller de ne pas lire ce livre-là mais de vous tourner vers le roman cité plus haut,  bien mieux écrit, mignon et nettement plus prenant par son intrigue!

vendredi 1 mars 2013

Littérature jeunesse : des découvertes pleines de poésie

Je viens de finir en quelques heures trois des livres commandés pour l'école auprès de Alice Editions et je ne peux que me réjouir des choix que j'avais faits.
 
Tout d'abord, celui qui m'a peut-être a priori le moins plu : "Mémoires d'un ours en peluche" de Dominque Maes raconte le parcours d'une petite fille vers l'âge adulte sous le regard tendre et bienveillant de son ours en peluche. C'est bien écrit, c'est mignon mais j'ai moyennement accroché. Si je devais conseiller ce livre à des élèves, mon choix se porterait sans aucun doute sur notre section puériculture car le livre est à la fois simple et reflet de la réalité. La fin, surtout, m'a touchée profondément.
 
Ensuite, "les trois rives du fleuve" est un moment d'une poésie rare où l'auteure Adeline Yzac mêle les destins de trois accidentés de la vie, trois meurtris. Rien de cru ou de dérangeant où les mots laissent deviner le profond tourment de ces trois êtres sans jamais nommer vraiment ce qui leur arrive. Idéal pour un cours de morale à mon sens, loin d'être simpliste pour un livre qui ne compte que 90 pages ( en grands caractères, tiens-je à préciser).
 
Enfin, un vrai coup de coeur pour "Celui qui manque" d'Agnès de Lestrade où l'on suit le chemin d'une jeune adolescente et de sa famille nombreuse ( ils sont 6 frères et soeurs) vers des vacances qu'un évenement va complétement bouleverser. Très beau. Parfait pour une analyse commune en classe. Il y a même moyen de le lire aux élèves ( j'ai lu le livre en 20 minutes !). Il permet de faire un très beau portrait de personnage et une analyse des thèmes très riche.
 
Mais plus encore que les qualités pédagogiques soulignées dans cet article, je veux mettre en valeur les qualités littéraires de ces livres. Certes, ils ne sont pas épais. Mais ils sont très bien écrits et permettent à tous de se poser des questions et de réfléchir intensément, tout en savourant la beauté de la langue française...
 
 
N'hésitez donc pas à vous procurer ces ouvrages. Ils méritent toute notre reconnaissance.