vendredi 1 mars 2013

Littérature jeunesse : des découvertes pleines de poésie

Je viens de finir en quelques heures trois des livres commandés pour l'école auprès de Alice Editions et je ne peux que me réjouir des choix que j'avais faits.
 
Tout d'abord, celui qui m'a peut-être a priori le moins plu : "Mémoires d'un ours en peluche" de Dominque Maes raconte le parcours d'une petite fille vers l'âge adulte sous le regard tendre et bienveillant de son ours en peluche. C'est bien écrit, c'est mignon mais j'ai moyennement accroché. Si je devais conseiller ce livre à des élèves, mon choix se porterait sans aucun doute sur notre section puériculture car le livre est à la fois simple et reflet de la réalité. La fin, surtout, m'a touchée profondément.
 
Ensuite, "les trois rives du fleuve" est un moment d'une poésie rare où l'auteure Adeline Yzac mêle les destins de trois accidentés de la vie, trois meurtris. Rien de cru ou de dérangeant où les mots laissent deviner le profond tourment de ces trois êtres sans jamais nommer vraiment ce qui leur arrive. Idéal pour un cours de morale à mon sens, loin d'être simpliste pour un livre qui ne compte que 90 pages ( en grands caractères, tiens-je à préciser).
 
Enfin, un vrai coup de coeur pour "Celui qui manque" d'Agnès de Lestrade où l'on suit le chemin d'une jeune adolescente et de sa famille nombreuse ( ils sont 6 frères et soeurs) vers des vacances qu'un évenement va complétement bouleverser. Très beau. Parfait pour une analyse commune en classe. Il y a même moyen de le lire aux élèves ( j'ai lu le livre en 20 minutes !). Il permet de faire un très beau portrait de personnage et une analyse des thèmes très riche.
 
Mais plus encore que les qualités pédagogiques soulignées dans cet article, je veux mettre en valeur les qualités littéraires de ces livres. Certes, ils ne sont pas épais. Mais ils sont très bien écrits et permettent à tous de se poser des questions et de réfléchir intensément, tout en savourant la beauté de la langue française...
 
 
N'hésitez donc pas à vous procurer ces ouvrages. Ils méritent toute notre reconnaissance.

mardi 12 février 2013

les vacances d'un serial killer - Nadine Monfils

" Ce livre est un vrai régal, jamais vulgaire, toujours drôle, inventif" nous promet une critique sur la 4ème de couverture.
Autant le dire tout de suite, je ne suis ABSOLUMENT pas d'accord avec cette affirmation. Je n'ai pas ri, je n'ai pas aimé les personnages, je n'ai pas accroché au récit. C'est d'autant plus regrettable que les idées sont originales: un couple de belges très caricaturaux partent en vacances à la mer du Nord. Dans leur bagage, les deux adolescents glandeurs et une caravane dans laquelle se promène la grand-mère voyoute et culottée.
La pension est minable et les déconvenues vont bon train.
Voilà pour la trame de base. L'auteur a glissé des belgicismes un peu partout ( avec les sous-titres pour nos amis français) ce qui m'a fait sourire les deux premières pages. Ensuite?
Et bien, la sauce n'a pas pris.
C'était trop.
Trop grossier.
Trop caricatural.
Trop "inventif" pour moi.
Je ne peux donc que déconseiller la lecture de ce bouquin qui me laisse affreusement déçue :-(
 
Je vous mets quand même un extrait ( au début, là où j'ai souri...) :
 
"Surpris, Alfonse a un mouvement brusque. La voiture fait une embardée et termie sa course sur le bas-côté. Josette est projetée en avant et se retrouve avec son abat-jour enfoncé sur la tête. Elle a la lèvre fendue, du sang pisse sur les pâquerettes de sa robe qui se transforment en coquelicots. Fumasse, Alfonse ne se soucie que de sa caisse, son joyau, sa fierté! D'un bond, il sort de sa bagnole et l'examine méticuleusement en jurant ses tripes.
- Putain de putain de putain!
- Chauffard! s'écrie la mémé par la fenêtre.
- Oh vous, la ferme, hein! gueule son beau-fils hors de lui.
Secouée, la vieille décide de s'en jeter un petit coup derrière le lampion, histoire de se remettre de ses émotions.
- Oh nooon, gémit Josette en se regardant dans le rétroviseur, je suis toute défigurée et ma robe est foutue!"
 

lundi 11 février 2013

Le passeur du temps - Mitch Albom

"Il a les cheveux longs, une barbe qui descend jusqu'aux genoux. Il a le menton posé au creux des mains. Il ferme les yeux. Il écoute. Des voix. Des voix sans fin. Elles montent d'un bassin dans le fond de la caverne. Ce sont les voix des gens sur Terre. Elles ne veulent qu'une chose. Le Temps."
 
Dor vit à une époque lointaine, aux balbutiements de l'humanité. Et la question du temps le fascine. Il cherche à le mesurer en tenant compte du soleil, de la lune, de l'eau ou du sable. Cela le fascine tellement qu'il en oublie le plus important.
En punition, il va devoir vivre enfermé dans une caverne à écouter les gens pleurer sur cette notion maudite et qui leur coule entre les mains sans aucun moyen de la retenir.
 
Mitch Albom est un vrai conteur. Le lecteur est aspiré dans les pages du livre et s'attache aux personnages et au thème, subtilement développé.
 
Surtout, ce livre m'a fait réfléchir à ce temps derrière lequel on court et qui nous fait perdre de vue l'essentiel. Amusante coïncidence, les cahiers "science et vie" du mois de janvier est consacré à l'invention du temps et à la manière dont il est conçu par les philosophes ou les physiciens, et l'histoire de sa mesure. Deux lectures qui apportent leur lot de réflexions et qui méritent que l'on s'arrête un peu...
 
 
 
 
 

La dame du manoir de Wildfell Hall - Anne Brontë

" - Je voulais vous rapporter ce que j'ai appris chez elle, reprit Rose. J'en meurs d'envie depuis des heures! Vous savez tous qu'on raconte depuis des semaines que Wildfell Hall est sur le point de trouver un locataire, n'est-ce pas? Eh bien! Figurez-vous que le manoir est habité depuis plus d'une semaine! Et nous ne le savions même pas!"
 
 
J'avais lu Jane Eyre de Charlotte, les Hauts de Hurlevent d'Emily, il m'a donc semblé tout naturel de lire Anne dont j'ignorais tout jusqu'à présent.
La littérature féminine du XIXème siècle exerce sur moi une indéniable fascination. Qu'il s'agisse des soeurs Brontë ou de Jane Austen, j'aime ces ambiances surannées où les sentiments sont au coeur de chaque page, voire de chaque mot.
Ce livre ici ne fait pas exception. Une femme épouse un homme. Eperdûment éprise, elle va mettre du temps à découvrir les vices liés à l'alcool et au jeu, à l'irresponsabilité. Elle va fuir, se cacher, subir les ragots de la bonne société et faire la rencontre d'un jeune homme bien. Les éléments sont placés pour nous plonger dans les affres d'un amour impossible, d'un vertu indéfectible et de promesses éprouvantes.
J'ai tout aimé sauf les références permanentes à la religion, références particulièrement lourdes et que je ne me souviens pas avoir trouvées dans les autres oeuvres citées, en tout cas pas d'une manière aussi fatigante et répétitive. Tout le personnage de l'héroïne est résolument tourné vers Dieu, la vertu et les règles auxquelles nul ne doit déroger. Autant je savoure le climat de cette littérature, autant cette sagesse inébranlable m'a agacée.
Pour le reste, le livre est bien construit et facile à suivre. Et pour une fois, on ne se perd pas dans les personnages, pas trop nombreux.
En outre, j'ai bien aimé la double construction avec le point de vue du jeune homme puis le point de vue de la dame à travers la lecture de son journal intime. Cela relance l'intérêt du lecteur qui pourrait sinon faiblir au cours du récit...
 
 


jeudi 7 février 2013

Il n'y a pas que les shérifs qui portent une étoile - S. Rubin

Un coup de coeur pour cette histoire qui nous entraîne dans la seconde guerre mondiale à travers le regard de Jacques Poulain, âgé de 10 ans lorsque commence le récit.
Un récit qui sans sombrer dans le mélodrame donne à voir toutes les atrocités de la collaboration française pendant cet épisode sanglant de l'histoire.
Jacques va devoir traverser bien des épreuves pour sauver Myriam, son amie, sa soeur, son âme-soeur. Et dans ce parcours bouleversant, aucune réponse ne sera donnée au lecteur haletant que nous sommes devenus. C'est peut-être le seul reproche que l'on peut adresser au livre car il nous laisse sur un sentiment de frustration. Et je sais combien mes élèves détestent être frustrés de ce côté-là. N'empêche, c'est un livre que l'on retrouvera dans mon parcours lecture de l'année prochaine, dans la catégorie facile - historique.
 

-" Pourquoi? Qu'a-t-on fait de mal pour qu'on nous arrête? Nous ne sommes pas des criminels!"
 

Je suis un phénomène d'Elisabeth Atkinson

Publié aux édition Alice jeunesse, ce court roman de 227 pages a de quoi séduire même les plus récalcitrants.
Faye Noman ( prononcez Fé Nomen) mesure presqu'un mètre quatre-vingt pour ses 12 ans. Cette jeune adolescente se sent comme un éléphant dans un jeu de quilles. Solitaire, elle ne trouve sa place nulle part. Y compris auprès de sa mère, volage et inconstante. Heureusement, il y a Pénélope, sa meilleure amie. Sa seule amie.
Et puis il y a la boutique de perles où Faye se cache lorsque le monde devient trop fou pour elle.
Et puis, un jour, il y a aussi cette invitation destinée aux descendants de Boris Horace Noman. Une invitation qui va révéler à Faye qui elle est vraiment.
 
Une histoire fluide et simple, qui se dévore en un clin d'oeil et qui aborde avec subtilité le thème de la différence et du mal-être qui nous pousse tous un jour ou l'autre à nous demander ce que nous faisons-là...

" Je m'appelle Faye Noman. Ma mère a oublié de prononcer mon nom à voix haute à ma naissance. Mais est-ce mon nom qui me rend bizarre aux yeux des autres?"

Zodiaque, une série BD à ne pas rater

Parce qu'il n'y a pas que les romans! Un coup de coeur pour une nouvelle série de BD que je viens de découvrir : Zodiaque. Toutes les BD peuvent visiblement se lire indépendamment les unes des autres. Des médaillons offrent à leur propriétaire un pouvoir qui peut aussi bien être un don qu'une malédiction. Jusqu'à présent, j'en ai lu 4 et je les ai trouvées toutes bien dessinées et bien construites. A conseiller :-)