Mon homme, toujours en veine de me dérider le pauvre, a déniché un petit bijou qui occupe à présent régulièrement nos soirées, entre amoureux ou entre amis.
Il s'agit de CONCEPT.
Quelle est l'idée?
Tout repose sur un moyen de communication inédit : il faut faire découvrir une idée, un titre, une citation à vos amis au moyen de symboles.
Sans parler.
C'est génial!
Au départ, quand on entend les explications des règles, on doute. On se demande où l'on veut en venir. Et puis on essaie.
Et on se retrouve une heure plus tard sans avoir vu le temps passer, à se creuser les méninges pour trouver LA solution à l'énigme proposée.
Ce qui est d'autant plus génial, c'est que le matériel est archi simple : un plateau avec des dessins. Des points d'interrogation et d'exclamation de couleurs différentes et des petits pions carrés dans les mêmes couleurs.
Il ne reste plus qu'à jouer avec les dessins pour décomposer le message à faire deviner.
Retenez bien ce nom car c'est à coup sûr un jeu qui marquera les esprits. La preuve ? Il a été nommé Spiel des jahres en Allemagne et jeu de l'année en France. Excusez du peu :-)
Merci Repos Production!
samedi 5 juillet 2014
Douce nuit, maudite nuit ~ Seth Grahame-Smith
" Le Spectre d'Antioche, le cauchemar de Judée, l'épine dans le pied d'Hérode? Balthazar s'est vu attribuer bien des surnoms, alors qu'en vérité, il n'est qu'un voleur un peu plus ambitieux et un peu plus chanceux que les autres. Cette fois, pourtant, trop d'ambition et trop peu de chance l'ont mené directement dans les cachots de Jérusalem, où il rencontre Gaspard et Melchior, deux bandits de grand chemin qui doivent eux aussi être exécutés au matin. Mais Balthazar a un plan. Un plan qui finira par les conduire à Bethléem dans une certaine étable, où se cache une certaine famille, alors que brille dans le ciel une certaine étoile? Oubliez tout ce que vous croyiez connaître sur la Nativité et laissez-vous embarquer pour une grande aventure pleine de bruit et de fureur à travers la Judée de l'an 1 !"
Remporté lors d'un concours organisé par les éditions J'ai lu ( que je remercie encore, d'ailleurs), je suis restée un peu dubitative devant ce résumé. Qu'allais-je bien pouvoir découvrir en lisant cet ouvrage?
Eh bien, Seth Grahame-Smith est parvenu à me réconcilier avec l'histoire biblique! Croyez-le ou pas mais je me suis plongée dans ce livre comme dans un véritable bain de jouvence. C'est bien écrit, c'est très prenant. C'est souvent drôle. C'est parfois barbare et cruel. Bref, il y a absolument tous les ingrédients nécessaires pour que la magie opère.
En tout cas, avec moi, ça a très bien fonctionné!
Le premier oublié ~ @CYRILMASSAROTTO
Voilà encore un livre qui traînait sur mon étagère depuis un bon moment sans que je trouve le temps de le lire. Toujours dans un besoin de fuir les polars imposés par le PLLP et ma qualité de jurée consciencieuse, j'ai plongé sans hésiter sur "Le premier oublié" de Cyril Massarotto et je l'ai dévoré en quelques heures.
" Depuis quelques mois déjà, Madeleine oublie. Oh, des petites choses, rien de bien inquiétant. Jusqu'au jour où elle s'aperçoit qu'elle a oublié le nom de son mari. C est Thomas, son fils, qui lui apprend que son époux est mort, il y a près d un an. Le diagnostic tombe : sa mère est atteinte d Alzheimer."
Terrible histoire que celle de Thomas qui prend soin de sa maman et qui nous confie ses peurs, ses inquiétudes face à cette terrible maladie qui ronge le cerveau de celle qui l'a mis au monde. Qui nous confie également à quel point la mort de son père un an plus tôt l'a profondément blessé et laissé comme orphelin.
Terrible histoire que celle de Madeleine qui se voit perdre doucement perdre contact avec la réalité.
Cyril Massarotto réussit l'exploit de parler d'un sujet délicat avec finesse et pudeur. Sans jamais tomber dans le pathos ou le larmoyant.
J'ai aimé les personnages et la construction du récit autour des voix de Thomas et de Madeleine, une construction qui apporte une forme de suspens et nous donne des réponses à la fin, des réponses pleines de poésie.
Un livre profondément émouvant qui m'a laissée au bord des larmes. Et que j'ai aussitôt confié à une collègue qui se trouvait près de moi à la fin de ma lecture et qui a eu envie de découvrir cette perle.
Une perle que je compte mettre entre les mains de mes élèves dès la rentrée de septembre.
Miss Peregrine et les enfants particuliers ~ Ransom Riggs
Encore un livre à déguster tant pour son contenu romanesque que pour ses illustrations! Ransom Riggs est parvenu à m'accrocher à cette histoire sur laquelle je lorgnais depuis un bon moment sans
me décider à franchir le pas de l'achat. Je ne savais pas trop quoi à m'attendre. S'agissait-il d'un roman accessible uniquement aux jeunes enfants? Pas du tout, je dirai même qu'il faut être un bon lecteur pour comprendre toutes les finesses de l'intrigue qui mélange réalité et univers fantastique, et où les horreurs de la seconde guerre mondiale jouxtent un monde où les monstres sont réels mais pas ceux que l'on pense. Et c'est là la force de ce bouquin : le lecteur est persuadé qu'une explication rationnelle va venir tout clarifier, va corriger le tir de ces récits étranges et fascinants racontés par un grand-père un peu dérangé. On soutient le héros, Jacob ( un prénom visiblement à la mode dans les romans jeunesse), dans son désir de rallier le clan de ceux qui sont de plain-pied dans le vrai monde. Et qui dénigrent, voire méprisent l'aïeul pour ses propos délirants.
On souffre avec lui lorsque ses repères tombent avec la disparition tragique de ce personnage haut en couleurs.
Et on attend le dénouement avec impatience.
Etes-vous prêts à rencontrer les enfants particuliers?
Reckless ~ @CorneliaFunke
Avec tous ces polars rendus obligatoires par la participation au PLLP, je me sens parfois écœurée et j'éprouve le besoin de vadrouiller vers d'autres rivages littéraires. C'est ainsi que je me suis plongée dans "Reckless".
Toujours à la recherche de bouquins susceptibles de plaire à mes élèves, je suis tombée sur le résumé
plus qu'appétissant de l'ouvrage. Et comme je savais l'auteure digne de confiance pour avoir lu " Cœur d'encre", je n'ai plus trop hésité. Surtout en voyant la couverture. Je dis Waouw ! Et c'était sans avoir vu les illustrations à l'intérieur du livre. Là encore, je dis waouw!
Je suis décidément de plus en plus sensible à ces images qui viennent soutenir la lecture. Le livre devient un véritable objet artistique qu'il me parait bon de défendre. Je le crie donc haut et fort : lisez Reckless!
" En découvrant un monde extraordinaire derrière le miroir de leur appartement new-yorkais, Jacob Reckless pensait avoir trouvé la liberté. Mais cet univers fascinant est aussi dangereux et, un jour, Will, son jeune frère, déjoue la vigilance de Jacob et le suit à travers le miroir. Victime d'un maléfice, il se transforme en monstre, brisant ainsi le cœur de celle qu'il aime... Reckless n'a que deux jours pour le sauver !"
C'est bien écrit, c'est prenant, c'est joli.
Que demander de plus?
De l'aventure?
Le livre en regorge.
De la magie?
Elle vous brûlera les doigts dès que vous aurez tourné la première page!
Des personnages attachants?
Attendez donc de rencontrer Jacob et la renarde. Et de savoir ce qu'il advient quand on boit de l'eau d'alouette... :-)
Je vous envie si vous n'avez pas encore croisé le chemin de cet univers. Vous avez encore tout à découvrir!
@livredepoche : PLLP - La sélection du mois de juin
Cocorico! Je peux clamer que cette fois-ci, mes lectures se sont révélées positives! Contrairement à mon dernier article, je ne vous présenterai pas mes lectures dans leur ordre chronologique mais par ordre de préférence.
" Le sable était brûlant" de Roger Smith est un thriller habile où l'on suit Robert Dell dans sa quête pour venger le meurtre de sa femme et de ses enfants et pour prouver son innocence. " Commence alors une traque infernale à travers une Afrique du Sud où la violence côtoie la misère et l'archaïsme tribal." Dans son périple, il croise des personnages peu reluisants comme Inja Mazibuko ou son propre père mais aussi d'autres destins chaotiques : celui de Sunday promise à un mariage avec l'assassin de ses parents ou encore celui de Disaster Zondi qui hésite entre la voie de la facilité ou le combat pour le bien.
Je lui ai pourtant préféré " Les fantômes du Delta" d'Aurélien Molas. Cette brique de presque 600 pages m'a tenue en haleine tout du long car l'auteur parvient à ne pas lasser et à tenir en haleine son lecteur jusqu'à la fin du récit. L'intrigue est originale, redoutable et conjugue les apports historico-politiques et les idées romanesques avec brio.
J'ai trouvé que le roman était intéressant mais terriblement lent, avec des méandres dans lesquels je me suis parfois perdue. C'est d'autant plus dommage que l'auteur montre une Afrique du Sud rongée par la corruption et les superstitions, un visage que l'on pourrait croire anachronique mais qui, je le pense, révèle combien les êtres humains peuvent osciller entre modernité et traditions dangereuses. Un roman dur pour le moral.
"Amy et Nick forment en apparence un couple modèle. Victimes de la crise financière, ils ont quitté
Manhattan pour s'installer dans le Missouri. Un jour, Amy disparaît et leur maison est saccagée. L'enquête policière prend vite une tournure inattendue : petits secrets entre époux et trahisons sans importance de la vie conjugale font de Nick le suspect idéal. Alors qu'il essaie lui aussi de retrouver Amy, il découvre qu'elle dissimulait beaucoup de choses, certaines sans gravité, d'autres plus inquiétantes."
"Les apparences" de Gillian Flynn est construit autour de deux voix : celle d'Amy et celle de Nick. C'est à la fois la force et la faiblesse de ce roman. Une force car le lecteur est amené à se forger son opinion des deux personnages à travers ce qu'il découvre au fil des chapitres. Une force car cette construction nous oblige à repenser notre position en permanence. Gillian Flynn s'amuse à nous mener par le bout du nez et elle excelle dans ce petit jeu.
Une faiblesse néanmoins car j'ai trouvé que le jeu durait longtemps. Il y a toute une partie de l'histoire que j'ai trouvée lente et décousue.
Ce qui sauve le roman est la fin. L'auteur a su éviter les pièges d'une fin conventionnelle. En cela, je comprends le choix des jurés qui ont massivement voté pour lui.
J'ai adoré suivre " Benjamin Dufrais et sa collègue Megan, membres de Médecins sans frontières, [qui] tentent de lutter contre la malnutrition et d’aider les réfugiés. Mais ils se retrouvent pris dans la tourmente d’intérêts géopolitiques qui les dépassent. L’enjeu ? Une fillette dont l’ADN peut changer le monde. Chacun veut mettre la main dessus. Face au cynisme des multinationales, que pèsent les idéaux de deux médecins humanitaires bien décidés à ne pas les laisser faire ?"
Je ne peux que vous encourager à lire ce récit qui vous entraînera sur les berges du delta où la duplicité de certains lutte avec la générosité et le dévouement d'autres.
Mon vote s'est aussi porté sur Molas car je voulais mettre en avant cet ouvrage, persuadée que les jurés privilégieraient Gillian Flynn, largement encensée par la critique.
@livredepoche : PLLP les romans du mois de mai
La sélection du mois de mai ne m'a pas vraiment séduite, force m'est de le reconnaître et j'ai voté plus par obligation que par réelle motivation cette fois-ci.
Pour me changer un peu les idées, je me suis ensuite tournée vers "Désordre" de P. Hancock parce que son résumé m'assurait d'un univers radicalement différent : "Sonia, la quarantaine, mène une vie
solitaire dans sa jolie maison des bords de la Tamise. Son mari est souvent en déplacement et Kit, leur fille, est partie pour l'université. Lorsque Jez, 15 ans, le neveu de son amie Helen, frappe à sa porte pour lui emprunter un disque, Sonia, prise d'une pulsion inexplicable et obsédée par les réminiscences de sa jeunesse, décide de ne plus le laisser partir."
J'ai commencé par "Flic ou caillera" de Rachid Santaki parce que j'avais un terrible a priori le concernant et que je souhaitais en "finir" au plus vite. La raison de cet a priori? La couverture et sa
mention aguicheuse et prétentieuse au sujet de l'auteur considéré comme "le Victor Hugo du ghetto". Voilà le genre de déclaration que j'ai en horreur et rien que cela m'aurait empêchée d'acheter le roman. Cependant, je me suis engagée à lire tous les livres sélectionnés et j'ai donc pris mon courage à deux mains. Et je dois avouer que l'auteur - même s'il est très loin de Victor Hugo - possède une indéniable qualité quant il s'agit de construire une intrigue et un personnage. J'ai vraiment eu envie de comprendre la situation vécue par les protagonistes et j'ai tourné les pages de plus en plus vite pour découvrir ce qui allait leur arriver.
mention aguicheuse et prétentieuse au sujet de l'auteur considéré comme "le Victor Hugo du ghetto". Voilà le genre de déclaration que j'ai en horreur et rien que cela m'aurait empêchée d'acheter le roman. Cependant, je me suis engagée à lire tous les livres sélectionnés et j'ai donc pris mon courage à deux mains. Et je dois avouer que l'auteur - même s'il est très loin de Victor Hugo - possède une indéniable qualité quant il s'agit de construire une intrigue et un personnage. J'ai vraiment eu envie de comprendre la situation vécue par les protagonistes et j'ai tourné les pages de plus en plus vite pour découvrir ce qui allait leur arriver.
Medhi Bassi voudrait échapper au clan Bessama, caïds locaux de la drogue tandis que Najet, "flic et beurette" se bat avec ses origines". Ce sont des personnages attachants, tout au moins celui de Medhi que l'on voit lutter de toutes ses forces pour ne pas suivre le même chemin que celui de son frère.
Malheureusement, si j'ai tourné les pages de plus en plus vite, ce n'est pas seulement pour savoir ce qui va advenir des deux héros, c'est aussi parce que j'ai détesté le style employé pour raconter cette histoire. Le recours au verlan et à la grossièreté - sans doute révélatrice du milieu des cités - m'ont obligée à utiliser le glossaire sans trouver toujours la réponse à mes questions linguistiques. Ce langage, s'il se veut le reflet de la réalité, présente à mes yeux un double inconvénient : celui de ralentir la lecture et celui de stigmatiser le quartier des cités et donc de creuser davantage le fossé entre ceux qui en sont et ceux qui n'en sont pas.
Quoi qu'il en soit, ce choix a fini par me lasser et par gâcher complètement mon plaisir.
solitaire dans sa jolie maison des bords de la Tamise. Son mari est souvent en déplacement et Kit, leur fille, est partie pour l'université. Lorsque Jez, 15 ans, le neveu de son amie Helen, frappe à sa porte pour lui emprunter un disque, Sonia, prise d'une pulsion inexplicable et obsédée par les réminiscences de sa jeunesse, décide de ne plus le laisser partir."
P. Hancock a su utiliser avec beaucoup d'efficacité la proximité de la Tamise pour élaborer son roman et surtout créer une atmosphère bien particulière. La psychologie des personnages baigne dans les brumes malsaines du non-dit. Sonia parvient à se rendre émouvante malgré la folie dans laquelle elle s'enlise sans cesse de plus en plus profondément et le lecteur est entraîné malgré lui dans les méandres de son esprit torturé par les souvenirs d'un amour de jeunesse et par la morosité de son quotidien. La romancière tire sur le fil de son intrigue et le lecteur se demande avec angoisse quand la tension deviendra à ce point insupportable qu'il finira par se rompre, enfin, dans une sorte de soulagement.
Cependant si le roman est bien mené, je ne suis pas une fervente des ambiances glauques et je me suis un peu embêtée.
J'ai terminé mon périple avec "une balade dans la nuit" de G. Pelecanos. J'y ai suivi Spero Lucas. "Ancien militaire qui à son retour d'Irak s'est reconverti en enquêteur. Il travaille pour un avocat qui le met en contact avec un client qui, depuis sa prison, gère son trafic de drogue. Ce dernier demande à Spero de retrouver des colis disparus."
Si j'écarte l'étrangeté du point de départ qui repose sur un non-respect total de la loi, j'ai apprécié ce récit. Vif, rapide et efficace, Pelecanos sait entraîner rapidement son lecteur sur les traces de ses personnages ( ouf!). Tout est là pour passer un bon moment de lecture : Spero est un vrai personnage, même si certains clichés lui collent à la peau. Des clichés qui font qu "une balade dans la nuit" rappelle d'autres livres du même genre. Raison pour laquelle je n'ai pas voté pour lui. Mais à défaut d'originalité, cela reste incontestablement un roman agréable à découvrir pour votre été.
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