samedi 5 juillet 2014

Reckless ~ @CorneliaFunke

Avec tous ces polars rendus obligatoires par la participation au PLLP, je me sens parfois écœurée et j'éprouve le besoin de vadrouiller vers d'autres rivages littéraires. C'est ainsi que je me suis plongée dans "Reckless".
Toujours à la recherche de bouquins susceptibles de plaire à mes élèves, je suis tombée sur le résumé
plus qu'appétissant de l'ouvrage. Et comme je savais l'auteure digne de confiance pour avoir lu " Cœur d'encre", je n'ai plus trop hésité. Surtout en voyant la couverture. Je dis Waouw ! Et c'était sans avoir vu les illustrations à l'intérieur du livre. Là encore, je dis waouw!
Je suis décidément de plus en plus sensible à ces images qui viennent soutenir la lecture. Le livre devient un véritable objet artistique qu'il me parait bon de défendre. Je le crie donc haut et fort : lisez Reckless!
 
" En découvrant un monde extraordinaire derrière le miroir de leur appartement new-yorkais, Jacob Reckless pensait avoir trouvé la liberté. Mais cet univers fascinant est aussi dangereux et, un jour, Will, son jeune frère, déjoue la vigilance de Jacob et le suit à travers le miroir. Victime d'un maléfice, il se transforme en monstre, brisant ainsi le cœur de celle qu'il aime... Reckless n'a que deux jours pour le sauver !"
C'est bien écrit, c'est prenant, c'est joli.
Que demander de plus?
De l'aventure?
Le livre en regorge.
De la magie?
Elle vous brûlera les doigts dès que vous aurez tourné la première page!
Des personnages attachants?
Attendez donc de rencontrer Jacob et la renarde. Et de savoir ce qu'il advient quand on boit de l'eau d'alouette... :-)
 
Je vous envie si vous n'avez pas encore croisé le chemin de cet univers. Vous avez encore tout à découvrir!
 

@livredepoche : PLLP - La sélection du mois de juin

Cocorico! Je peux clamer que cette fois-ci, mes lectures se sont révélées positives! Contrairement à mon dernier article, je ne vous présenterai pas mes lectures dans leur ordre chronologique mais par ordre de préférence.

" Le sable était brûlant" de Roger Smith est un thriller habile où l'on suit Robert Dell dans sa quête pour venger le meurtre de sa femme et de ses enfants et pour prouver son innocence. " Commence alors une traque infernale à travers une Afrique du Sud où la violence côtoie la misère et l'archaïsme tribal." Dans son périple, il croise des personnages peu reluisants comme Inja Mazibuko ou son propre père mais aussi d'autres destins chaotiques : celui de Sunday promise à un mariage avec l'assassin de ses parents ou encore celui de Disaster Zondi qui hésite entre la voie de la facilité ou le combat pour le bien.
 
J'ai trouvé que le roman était intéressant mais terriblement lent, avec des méandres dans lesquels je me suis parfois perdue. C'est d'autant plus dommage que l'auteur montre une Afrique du Sud rongée par la corruption et les superstitions, un visage que l'on pourrait croire anachronique mais qui, je le pense, révèle combien les êtres humains peuvent osciller entre modernité et traditions dangereuses. Un roman dur pour le moral.
 
 
"Amy et Nick forment en apparence un couple modèle. Victimes de la crise financière, ils ont quitté
Manhattan pour s'installer dans le Missouri. Un jour, Amy disparaît et leur maison est saccagée. L'enquête policière prend vite une tournure inattendue : petits secrets entre époux et trahisons sans importance de la vie conjugale font de Nick le suspect idéal. Alors qu'il essaie lui aussi de retrouver Amy, il découvre qu'elle dissimulait beaucoup de choses, certaines sans gravité, d'autres plus inquiétantes."
"Les apparences" de Gillian Flynn est construit autour de deux voix : celle d'Amy et celle de Nick. C'est à la fois la force et la faiblesse de ce roman. Une force car le lecteur est amené à se forger son opinion des deux personnages à travers ce qu'il découvre au fil des chapitres. Une force car cette construction nous oblige à repenser notre position en permanence. Gillian Flynn s'amuse à nous mener par le bout du nez et elle excelle dans ce petit jeu.
Une faiblesse néanmoins car j'ai trouvé que le jeu durait longtemps. Il y a toute une partie de l'histoire que j'ai trouvée lente et décousue.
Ce qui sauve le roman est la fin. L'auteur a su éviter les pièges d'une fin conventionnelle. En cela, je comprends le choix des jurés qui ont massivement voté pour lui.
 
Je lui ai pourtant préféré " Les fantômes du Delta" d'Aurélien Molas. Cette brique de presque 600 pages m'a tenue en haleine tout du long car l'auteur parvient à ne pas lasser et à tenir en haleine son lecteur jusqu'à la fin du récit. L'intrigue est originale, redoutable et conjugue les apports historico-politiques et les idées romanesques avec brio.
J'ai adoré suivre " Benjamin Dufrais et sa collègue Megan, membres de Médecins sans frontières, [qui] tentent de lutter contre la malnutrition et d’aider les réfugiés. Mais ils se retrouvent pris dans la tourmente d’intérêts géopolitiques qui les dépassent. L’enjeu ? Une fillette dont l’ADN peut changer le monde. Chacun veut mettre la main dessus. Face au cynisme des multinationales, que pèsent les idéaux de deux médecins humanitaires bien décidés à ne pas les laisser faire ?"
 
Je ne peux que vous encourager à lire ce récit qui vous entraînera sur les berges du delta où la duplicité de certains lutte avec la générosité et le dévouement d'autres.
Mon vote s'est aussi porté sur Molas car je voulais mettre en avant cet ouvrage, persuadée que les jurés privilégieraient Gillian Flynn, largement encensée par la critique.
 
 

@livredepoche : PLLP les romans du mois de mai

La sélection du mois de mai ne m'a pas vraiment séduite, force m'est de le reconnaître et j'ai voté plus par obligation que par réelle motivation cette fois-ci.

J'ai commencé par "Flic ou caillera" de Rachid Santaki parce que j'avais un terrible a priori le concernant et que je souhaitais en "finir" au plus vite. La raison de cet a priori? La couverture et sa
mention aguicheuse et prétentieuse au sujet de l'auteur considéré comme "le Victor Hugo du ghetto". Voilà le genre de déclaration que j'ai en horreur et rien que cela m'aurait empêchée d'acheter le roman. Cependant, je me suis engagée à lire tous les livres sélectionnés et j'ai donc pris mon courage à deux mains. Et je dois avouer que l'auteur - même s'il est très loin de Victor Hugo - possède une indéniable qualité quant il s'agit de construire une intrigue et un personnage. J'ai vraiment eu envie de comprendre la situation vécue par les protagonistes et j'ai tourné les pages de plus en plus vite pour découvrir ce qui allait leur arriver.

Medhi Bassi voudrait échapper au clan Bessama, caïds locaux de la drogue tandis que Najet, "flic et beurette" se bat avec ses origines". Ce sont des personnages attachants, tout au moins celui de Medhi que l'on voit lutter de toutes ses forces pour ne pas suivre le même chemin que celui de son frère.
Malheureusement, si j'ai tourné les pages de plus en plus vite, ce n'est pas seulement pour savoir ce qui va advenir des deux héros, c'est aussi parce que j'ai détesté le style employé pour raconter cette histoire. Le recours au verlan et à la grossièreté - sans doute révélatrice du milieu des cités - m'ont obligée à utiliser le glossaire sans trouver toujours la réponse à mes questions linguistiques. Ce langage, s'il se veut le reflet de la réalité, présente à mes yeux un double inconvénient : celui de ralentir la lecture et celui de stigmatiser le quartier des cités et donc de creuser davantage le fossé entre ceux qui en sont et ceux qui n'en sont pas.
 
Quoi qu'il en soit, ce choix a fini par me lasser et par gâcher complètement mon plaisir. 
 
Pour me changer un peu les idées, je me suis ensuite tournée vers "Désordre" de P. Hancock parce que son résumé m'assurait d'un univers radicalement différent : "Sonia, la quarantaine, mène une vie
solitaire dans sa jolie maison des bords de la Tamise. Son mari est souvent en déplacement et Kit, leur fille, est partie pour l'université. Lorsque Jez, 15 ans, le neveu de son amie Helen, frappe à sa porte pour lui emprunter un disque, Sonia, prise d'une pulsion inexplicable et obsédée par les réminiscences de sa jeunesse, décide de ne plus le laisser partir."
 
P. Hancock a su utiliser avec beaucoup d'efficacité la proximité de la Tamise pour élaborer son roman et surtout créer une atmosphère bien particulière. La psychologie des personnages baigne dans les brumes malsaines du non-dit. Sonia parvient à se rendre émouvante malgré la folie dans laquelle elle s'enlise sans cesse de plus en plus profondément et le lecteur est entraîné malgré lui dans les méandres de son esprit torturé par les souvenirs d'un amour de jeunesse et par la morosité de son quotidien. La romancière tire sur le fil de son intrigue et le lecteur se demande avec angoisse quand la tension deviendra à ce point insupportable qu'il finira par se rompre, enfin, dans une sorte de soulagement.
Cependant si le roman est bien mené, je ne suis pas une fervente des ambiances glauques et je me suis un peu embêtée.
 
J'ai terminé mon périple avec "une balade dans la nuit" de G. Pelecanos. J'y ai suivi Spero Lucas. "Ancien militaire qui à son retour d'Irak s'est reconverti en enquêteur. Il travaille pour un avocat qui le met en contact avec un client qui, depuis sa prison, gère son trafic de drogue. Ce dernier demande à Spero de retrouver des colis disparus."
Si j'écarte l'étrangeté du point de départ qui repose sur un non-respect total de la loi, j'ai apprécié ce récit. Vif, rapide et efficace, Pelecanos sait entraîner rapidement son lecteur sur les traces de ses personnages ( ouf!). Tout est là pour passer un bon moment de lecture : Spero est un vrai personnage, même si certains clichés lui collent à la peau. Des clichés qui font qu "une balade dans la nuit" rappelle d'autres livres du même genre. Raison pour laquelle je n'ai pas voté pour lui. Mais à défaut d'originalité, cela reste incontestablement un roman agréable à découvrir pour votre été.

mardi 29 avril 2014

Reckless @CorneliaFunke









Je suis plongée dans le premier tome de Cornelia Funke " Reckless. J'avais bien aimé le premier tome de la trilogie précédente "Cœur d'encre", découvert au hasard de mes recherches en bibliothèque. J'avais trouvé les idées de l'auteure originales.

Du coup, j'ai sauté le pas et j'ai acheté son roman.
Pour le moment, je ne regrette pas mon achat.
D'ailleurs, je reviens vous en parler bientôt ;-)

@livre de poche : PLLP Polar "Dans le jardin de la bête" VS "Ce que cache ton nom"

La sélection d'avril s'est révélée copieuse dans le nombre de pages à ingurgiter d'une part et dans le choix de thèmes communs aux deux romans puisque tous deux traitent du nazisme.

D'un côté, "Dans le jardin de la bête" d'Eric Larsson offre un retour sur l'année "1933. Sollicité par le président Roosevelt, William E. Dodd accepte d’être le nouvel ambassadeur américain à Berlin. S’il n’est pas diplomate mais historien, il a un solide atout : il est germanophone. Lorsqu’il débarque en Allemagne en juillet, sa femme et ses enfants l’accompagnent. Sa fille, Martha, 24 ans, succombe vite aux charmes du nazisme et plus particulièrement à ceux de Rudolf Diels, le chef de la Gestapo. Au fil des mois, les yeux de W. E. Dodd se dessillent. Il tente d’alerter le département d’Etat américain sur la vraie nature du régime. En vain. Martha, elle, s’éprend d’un espion russe, qui la convainc de mettre ses charmes et ses talents au service de l'Union soviétique. Thriller politique et roman d’espionnage, Dans le jardin de la bête nous introduit dans les coulisses du pouvoir nazi, grâce aux notes personnelles de William et de Martha Dodd, mises en scène avec brio par l’auteur du Diable dans la ville blanche."
 
A mes yeux, Eric Larson ne signe pas là un polar ni même un roman. Il s'agit plutôt de voix ressurgies du passé pour nous replonger dans le Berlin occupé par Hitler. Des voix qui protestent. Des voix qui admirent. Des voix qui acceptent. Des voix qui se taisent. Des voix qui trouvent des excuses, qui ne comprennent pas et qui minimisent. Des voix qui mentent aussi parfois. Le lecteur découvre leurs propos, sidéré. Il ne comprend pas. Il se révolte. Il aimerait bien se lever et protester. Pour changer le regard de ces gens qui ont laissé faire au nom de fallacieux prétextes financiers ou politiques. Et lorsqu'il pose son livre, il ne peut que secouer la tête devant les réalités de la diplomatie et de son cortège de turpitudes. Et espérer que les hommes retiendront les leçons du passé.
 
Le livre est excessivement bien écrit. Eric Larson maîtrise remarquablement son sujet et ses recherches minutieuses. A aucun moment le lecteur n'est tenté de mettre en doute ce qu'il lit.
C'est ce qui m'a permis d'arriver au bout des quelques 600 pages. Car si l'Histoire m'a happée et que je suis restée tétanisée face aux réactions des diplomates face aux horreurs nazies, j'avoue avoir moins accroché sur les infinis détails de la vie quotidienne de la famille Dodd. Certes, le fait de nous plonger dans le quotidien permet de mieux comprendre pourquoi certaines personnes n'ont pas protesté voire même ont soutenu le régime en place mais franchement, j'ai trouvé ça un tantinet longuet.
Je suis ressortie de là en me disant que je ne voterai probablement par pour ce livre que je classe pas dans la catégorie polar, loin de là.
 
C'est avec plaisir que j'ai lu les premiers chapitres de " Ce que cache ton nom" de Clara Sanchez. Vifs, entraînants. Je me suis réjouie par la perspective de cette lecture.
 
" Sandra, jeune femme d’une trentaine d’années, sans véritables attaches, enceinte d’un homme qu’elle vient de quitter, s’installe dans un village isolé de la côte est espagnole. Sur la plage où elle passe ses journées, elle fait la connaissance d’un couple d’octogénaires norvégiens, les Christensen. Rapidement, ils la prennent sous leur aile et la traitent comme la petite-fille qu’ils n’ont jamais eue. Mais un vieil homme tout juste débarqué d’Argentine va venir perturber cette belle entente : Julián, survivant du camp de Mathausen, révèle à Sandra le véritable visage des Christensen. D’abord méfiante, elle finit tout de même par se rendre à l’évidence. Le couple ne semble-t-il pas l’attirer chaque jour davantage dans ses filets ? Mais elle ne se rend pas encore compte que la connaissance de la vérité met sa vie en danger. À moins qu’elle ne lui donne un but, et lui permette de grandir…"
L'écriture est vive, le style rapide. C'est simple et efficace. Le livre change agréablement du ton très sérieux adopté par Eric Larsson. L'idée est intéressante. Le personnage de Julian est attachant par sa fragilité de vieux, veuf, rongé par le regret et par son passé, désireux de faire bien les choses, de laisser sa marque face à ses ex-tortionnaires.
Malheureusement, mon enthousiasme du début s'est rapidement essoufflé. J'ai trouvé que les personnages manquaient d'épaisseur, que l'histoire tournait en rond, comme si l'auteur peinait à trouver quoi  faire avec ses personnages. De nombreux éléments m'ont paru peu crédibles et cousus de fil blanc. Et je n'ai pas été convaincue par la fin. Mais alors, pas du tout!
 
C'est donc finalement vers Eric Larson que ma voix s'est reportée, pour ses qualités littéraires indéniables malgré les lenteurs du récit et malgré le fait qu'il n'entre absolument pas dans la catégorie visée par le Prix.

mercredi 2 avril 2014

opération #1blog1bd : Charly 9 - Richard Guérineau & Jean Teulé

Grâce à l'opération un blog, une BD de priceminister, j'ai eu la chance de découvrir l'adaptation BD du roman de Jean Teulé " Charly 9" par Richard Guérineau.
Je n'ai pas lu le roman de Jean Teulé mais je connais suffisamment cet auteur pour souligner que son esprit irrévérencieux est très présent dans cette BD remarquablement bien réalisée.
La période des guerres de religions fait partie de mes périodes historiques préférées lorsqu'elle est traitée de manière romanesque. J'ai notamment analysé la "Fortune de France" de R. Merle pour mon mémoire de fin d'études et je garde un souvenir particulièrement marquant de l'épisode de la Saint-Barthélémy.
 
Pour ceux qui ne sont pas férus de cette époque, nous sommes en 1572. La tension entre catholiques et protestants, malgré des tentatives politiques d'apaisement, conduit à un massacre la nuit du 24 août et prolongé par la vindicte populaire ailleurs en France dans les semaines qui suivent.
 
Episode complexe aux multiples ramifications, Jean Teulé prend le parti d'une version qui condamne Charles IX et sa mère à la responsabilité de cet acte.
 
Quoi qu'on puisse penser de ce choix, il reste que le portrait de Charles IX est terrible. La BD ici prend tout son sens par la force du dessin de Richard Guérineau, qui conduit le lecteur à cheminer aux côtés de ce roi faible et caricatural, sous la domination d'une mère qui ne l'aime pas.
Plusieurs passages de cette œuvre sont véritablement émouvants. L'effort de Charly pour faire entendre ses arguments face aux meurtres qu'on lui demande d'ordonner, ses piètres tentatives pour comprendre ce qu'il en est de cette décision et des conséquences dramatiques qu'elle implique mais aussi ces gestes qu'il a pour cette femme qui est la sienne mais qui ne parle pas sa langue, sa peur face à ce qu'il a ordonné et les conséquences pour son âme.
 
J'ai surtout beaucoup aimé la manière ironique dont est abordée la seule réaction possible par rapport à ce qui se révèle une véritable boucherie : celle de faire l'autruche et de se cacher de toute autre prise de décision.
 
C'est drôle, c'est bien dessiné. C'est irrespectueux. C'est perturbant aussi à certains moments lorsque l'auteur change le style de son dessin. J'avoue être revenue en arrière pour être certaine que ce n'était pas une erreur. Mais non, Guérineau ne nous offre pas une BD mais plusieurs. Et cette capacité à transformer complètement son trait force l'admiration. Même si personnellement, j'ai moins aimé ces parties-là.
 
Bref, c'est une excellent adaptation du style si particulier de Jean Teulé, avec des dessins tout à la fois émouvants, perturbants, caricaturaux et drôles.
 
Une mention spéciale pour le personnage de la femme de Charles IX que j'ai trouvé particulièrement bien pensée. Là où le reste n'est qu'excès, elle n'est que subtilité. J'approuve!
 
 
 

mardi 1 avril 2014

Libellules - Joël Egloff

C'est au cours d'un atelier d'écriture que j'ai entendu parler de ce livre pour la première fois. Notre animatrice en avait souligné les qualités littéraires et le style original.
J'ai attendu longtemps pour me décider à acquérir "les libellules" de Joël Egloff et puis Amazon me l'a livré et je l'ai dévoré en deux jours.
 
Le résumé en quatrième de couverture est on ne peut plus succinct et mystérieux : "Il y a, dans Libellules, un enfant qui grandit et sans cesse s’interroge, un père qui aimerait pouvoir lui répondre, il y a cette femme qui, du matin au soir, secoue son linge à sa fenêtre, il y a Kate, là-bas, en Antarctique, et la tragique histoire d’un chapeau à la mer…"
 
Pour une fois, aucune inquiétude de voir un moment clé révélé ici par mégarde. Et d'ailleurs, est-il possible de révéler un moment clé de cette histoire?
Car y a-t-il une histoire?
Personnellement, je n'en suis pas convaincue. Pourtant, je vous assure que j'ai lu l'œuvre en entier. Mais plutôt qu'une histoire, je dirais que l'auteur s'est trouvé des prétextes.
Des prétextes à écrire sur la vie et sur ces petits moments que l'on ne voit plus, sauf quand on a encore le regard tourné vers l'enfance. Un regard tout neuf qui s'émerveille de tout. Un regard qui interroge. Un regard qui voit mille mystères dans la banalité d'un geste tout simple.
 
Joël Egloff m'a éblouie. J'ai aimé son style, j'ai été touchée par ses anecdotes et ses drôles de récits farfelus et tendres.
Je ne peux pas vous raconter Libellules.
Je ne peux que vous encourager à courir vous procurer cet ouvrage dont le prix prête à sourire. C'est tellement rare la poésie de nos jours dans le quotidien qu'on aurait bien tort de bouder son plaisir, non?